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[Témoignage] Accessibilité et féminisme : pour une société plus humaine

Aujourd'hui, c'est la journée internationale des femmes (International Women's Day), rebaptisée judicieusement en France journée internationale des droits des femmes.

Cela fait un bon moment que j'ai envie d'écrire sur le sujet, ne sachant trop par quel bout le prendre. Alors je vais faire simple et classique, en partant du particulier (ma petite histoire assez banale) pour élargir et vous livrer mes réflexions générales.

Quand j'étais petite, j'étais un garçon

C'était en tout cas mon vœux le plus cher. Je suis méditerranéenne, née à Nice en 1981 (ce n'est donc pas si vieux), avec des origines espagnoles et un Papa d'origine italienne. La plupart de mes amies étaient musulmanes. Et dans ce genre d'environnement, les rôles entre filles et garçons sont très clairement départagés.

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Quitter l'April pour agir plus sereinement

April-exit.pngJ'ai commencé à militer pour plus de justice et de liberté quand j'avais 16 ans. Engagement politique, associatif, ce que j'ai vécu et ce que je voyais dans mon entourage ne pouvait plus durer, je devais faire quelque chose, agir. Même si je savais que mes efforts ne représenteraient qu'une goutte d'eau dans l'océan, rester les bras croisés m'était insupportable. Je n'ai cessé de militer, jusqu'à ce que ma santé décline à tel point que les méthodes traditionnelles d'action (réunions, tractages, collage d'affiches...) ne me soient plus possibles.

25 mai 2007. Alors que je suis enfermée dans ma chambre, alitée depuis des semaines pour raisons de santé, je découvre qu'il est possible de continuer à promouvoir la liberté depuis son ordinateur : j'adhère à l'April.

L'ordinateur, et le Web en particulier, m'ont redonné une liberté dont j'étais privée par mes alitements répétés. Je participais timidement en lisant les échanges plus qu'en y participant au début, en faisant signer le pacte du logiciel libre aux candidats que je connaissais.

Puis en 2009, je suis embarquée pour créer un groupe de travail accessibilité et logiciel libre. Ça tombe bien, c'est ma spécialité. Alors que je devais juste donner un coup de main, Fred Couchet insiste pour que j'en devienne l'animatrice. Objectif du groupe, affiché dans sa charte dès sa création : promouvoir l'accessibilité et le Libre, aussi bien auprès des associations promouvant l'accessibilité mais ne connaissant pas le Libre, qu'auprès des Libristes ne connaissant pas l'accessibilité. Le groupe grandit, le discours porte, les actions se multiplient avec de beaux succès. Mais la tâche est immense et comme Sisyphe condamné à remonter son rocher tout en sachant qu'il va dégringoler, nous devons sans cesse veiller à rappeler qu'il est important de prendre en compte l'accessibilité dans ses projets. Mais l'énergie des membres du groupe permet de se motiver pour continuer.

Pourtant, aujourd'hui, je démissionne. Je quitte l'April. Pas en raison d'un conflit de personne ou pour un événement particulier. Si je démissionne, c'est pour des raisons structurelles qui me font penser que cette association n'est plus le cadre approprié pour porter un message de Liberté pour tous. Mais cette démission ne signifie pas que je cesse le combat : je continuerai à promouvoir et défendre la Liberté pour tous, sans discrimination. Reste à inventer le cadre dans lequel cela peut se faire.

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Des nouvelles de Hu Jia, militant infatigable de la Liberté en Chine...

Je me suis mise très récemment à Twitter. Il s'agit d'un système de micro-blog : on peut diffuser de l'information en 140 caractères et suivre l'actualité de ceux qu'on veut suivre. Contrairement à un réseau social, il n'est pas nécessaire d'être ami ni qu'il y ait réciprocité pour suivre l'actu de quelqu'un. Et l'avantage que j'y ai trouvé, c'est la facilité avec laquelle l'information circule et les nombreuses sources d'infos qu'on ne peut trouver nulle part ailleurs.

C'est de cette façon que nous pouvons avoir des nouvelles de Hu Jia, emprisonné en 2007 pour sa liberté de ton et ses combats pour la Liberté, l'écologie et contre le sida, il coordonne également l'association des Avocats aux pieds nus. Il n'en fallait pas tant pour déplaire aux autorités. Sa nomination au Prix Nobel de la Paix en 2008 suffit à accroître le courroux du tout puissant Parti Communiste chinois.

Libéré le 26 juin 2011, atteint d'une cirrhose du foie, il est mis en résidence surveillée, mais n'en continue pas moins à se battre, comme l'indique ce Tweet posté aujourd'hui :

2点30分,71378条。一小时增加近400条。我们还剩9个半小时。全国人大开门立法至少强过密室立法。今年车船税法、个人所得税法等修正案通过征集 意见不同程度吸收了民意。而刑诉法是更艰难的博弈,党要其助纣为虐强化暴力机器,公民要其不逾底线、维护言论和人身自由。公民加油!

Un Tweet est un message court de 140 caractères maximum. On voit ici l'avantage du chinois, qui peut dire bien plus de choses en peu de caractères.

Voici une tentative de traduction. Vous excuserez ma maladresse, je suis un peu rouillée, mais l'essentiel y est :

14h30. 71378 amendements. 400 de plus en une heure.
Il nous reste encore 9 demi-heures. Des gens de tout le pays ouvrent grand la porte de la Loi au moins jusqu'à ce que le secret ait été renforcé.
Cette année, concernant la loi de finances sur les transports et la loi de finances sur les revenus individuels, l'opinion publique a intégré l'idée que les amendements doivent tenir compte de l'opinion du Peuple à différents niveaux.
Mais la loi de procédure pénale est un jeu encore plus difficile, le Parti veut aider la tyrannie et renforcer son système de violence, tandis que la volonté du Peuple n'excède pas le minimum : la protection de sa liberté d'expression et de ses libertés individuelles. Courage le Peuple !

Quand on connaît le contexte et qu'on sait ce qu'il a vécu, un tel courage me donne des frissons !

À noter que ce Tweet a été re-tweeté par l'artiste Ai Weiwei, assagi sur le Net depuis sa récente arrestation et les menaces faites contre ses proches, mais qui en diffusant ce message n'en reste pas moins engagé.

L'accessibilité du Web menacée par le droit d'auteur

Depuis ma formation AccessiWeb en 2008, j'ai rejoint, comme tous ceux ayant passé l'examen avec succès, le groupe de travail AccessiWeb (GTA) animé par l'association BrailleNet. Mais j'ai également la chance de faire partie du groupe restreint d'experts-référents qui a pour mission de relire et donner son avis quant aux modifications apportées au référentiel AccessiWeb lorsqu'il est prévu de le faire évoluer.

Une nouvelle version du référentiel AccessiWeb est justement en préparation, et nous avons eu à nous prononcer sur un certain nombre de questions. Or, l'une d'elle me pose un sérieux problème...

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Conte de fée chinois, version Web 2.0

Retour en Chine avec un nouvel extrait d'article pioché sur le site du Nouvel Observateur, écrit par Ursula Gauthier et intitulé : "Chine : Les insurgés du Web". Vous pouvez lire l'article dans son intégratlité sur le site du Nouvel Obs'.

Un blogueur chinois, accusé d'avoir « colporté des rumeurs contre la police », est arrêté en juin 2009, emmené au poste et interrogé sans relâche pendant des heures... Jusque là, l'histoire n'est que trop banale dans un pays où le délit d'opinion est monnaie courante. Le jeune blogueur, Guo Baofeng, alias Amoiist - qui se qualifie lui-même d'« emmerdeur » - s'était attiré l'inimitié des dirigeants de Fuzhou en postant une vidéo dans laquelle une pauvre femme en pleurs accusait les flics de la ville d'avoir collectivement violé sa fille de 25 ans, puis de l'avoir laissée mourir d'hémorragie.

Mais le destin de l'emmerdeur va soudain prendre un tour inattendu : à l'aurore, après une nuit d'interrogatoire, profitant de ce que ses geôliers sont assoupis, Guo réussit à envoyer en douce deux messages sur Twitter : « J'ai été arrêté par la police de Mawei, SOS », puis : « Svp, aidez-moi, j'ai subtilisé mon téléphone pendant que le policier dormait ». Plein d'espoir, il suit sur son minuscule écran la propagation de la nouvelle, twittée et re-twittée par des membres de son groupe.

Quand les flics lui arrachent son Blackberry, c'est déjà trop tard : la planète des « twitteurs » chinois s'est mise en branle. L'un d'entre eux lance l'idée d'une campagne d'un genre nouveau : il s'agit d'adresser au « prisonnier de conscience Guo Baofeng » une carte postale portant une seule phrase : « Guo Baofeng, ta mère te demande de rentrer pour le dîner ». Un autre fait imprimer la fameuse petite phrase sur des T-shirts et promet d'en offrir un en échange de chaque carte envoyée, une photo faisant foi. C'est bientôt une avalanche de cartes postales qui s'abat sur la prison N°2 de Fuzhou où Guo est détenu. En même temps, sur le Net, fleurissent des recueils de photos de cartes rivalisant de créativité et d'humour. Plus un internaute chinois n'ignore désormais l'histoire de Guo Baofeng et de sa mère qui l'attend pour dîner. Le buzz est tel, y compris dans la presse, que le blogueur est relâché au bout de deux semaines.

« Sans Internet, ce miracle n'aurait pas pu se produire, écrira Guo Baofeng sur son blog. Je suis la preuve vivante de l'immense pouvoir de Twitter. » Quand ils parlent d'Internet, les « netizens » (les internautes-citoyens, ou « Netoyens ») de Chine ont des accents lyriques, voire religieux : pour eux, le Net est « le plus grand cadeau que l'histoire ait fait à notre pays », « le premier espace, en 3000 ans d'autocratie, où la parole soit libre de toute censure », « la chance des défenseurs des droits civiques », ou tout simplement « un don de Dieu »... Ils sont persuadés que cet espace de liberté finira par englober toute la société, entraînant une évolution profonde du système politique.

Tours de vis

En attendant, la Chine reste un des pays où la critique du pouvoir est punie le plus sévèrement. Depuis 2009, la répression s'est encore aggravée avec de lourdes condamnations infligées à des intellectuels et des avocats célèbres. Dans l'affaire de Fuzhou, pour un Guo Baofeng libéré, trois autres blogueurs accusés des mêmes « crimes » viennent d'être condamnés à plusieurs années de prison. Pas plus que la presse, Internet n'échappe à ces tours de vis. Les grands sites sociaux étrangers, comme Youtube, Twitter, Facebook ou Wikipedia, dont les contenus ne peuvent être censurés, sont inaccessibles en Chine. On ne compte plus les sites interdits qui disparaissent du jour au lendemain. Chaque commentaire posté sur un forum, chaque texte ajouté à un blog est examiné à la loupe, supprimé au moindre écart. Mieux, afin d'orienter les discussions dans un sens favorable aux autorités - ce qu'on appelle ici la « canalisation de l'opinion publique » - les forums sont inondés de commentaires dûment pondus par une armée de petites mains payées à la pièce - ce qui leur vaut le surnom méprisant de « gang des 50 centimes ». Les fournisseurs d'accès, les portails, les moteurs de recherches sont tenus d'expurger leurs contenus de tout ce qui « subvertit le pouvoir d'État et sabote l'unité nationale, incite à la division ethnique, promeut les cultes et diffuse un contenu pornographique, violent ou terroriste ». C'est contre cette obligation d'avoir à faire la police en amont que Google s'est rebellé en janvier. Après avoir essayé pendant quatre ans de respecter les règles imposées par Pékin, le géant californien a préféré se retirer du marché chinois (voir encadré ci-dessous).

Alors que les médias restent muets sur ce vaste déploiement de contrôle, les netizens, eux, ont entrepris de tout déballer. Fonctionnant en réseau, informés presque « en temps réel » des innombrables scandales générés par le monopole du pouvoir, ils suivent également pas à pas les efforts considérables déployés par les autorités pour étouffer la contestation. Même les instructions confidentielles que le Bureau de la Propagande adresse chaque jour aux médias, recommandant de mettre sous le boisseau tel ou tel sujet, fuitent systématiquement sur le Net où ils paraissent sous le titre narquois de « Directives du Ministère de la Vérité », en référence au roman « 1984 » de George Orwell. Ces révélations sont quasi immédiatement effacées, mais d'innombrables netizens mettent à profit ce « quasi » pour propager l'information aux quatre coins de la Toile.

Brice Hortefeux intéressé par la Mairie de Vichy, article de Mediapart

Voici reproduit ci-dessous un article de Mediapart du 31 août 2010, par Henry Moreigne.

Ça ne s’invente pas. Brice Hortefeux, âme damnée d’un exécutif qui a érigé la chasse aux voleurs de poules et aux caravanes ainsi que la déchéance de nationalité en actions prioritaires, s’est officiellement déclaré intéressé par la mairie de Vichy.

La tentation de Vichy n’est pas nouvelle pour le conseiller régional auvergnat qui avait déjà choisi la ville d’eau pour y organiser en novembre 2008 une Conférence sur l’intégration réunissant les 27 ministres de l’Intégration de l’UE.

Brice Hortefeux avait alors justifié son choix le 19 septembre 2008, à Vichy, en clôture du congrès des cadres de l’ANAEM , dénonçant “le crétinisme” de certaines associations qui voient là une provocation au passé. “Il faut arrêter avec ces bêtises, arrêter de faire payer à Vichy tous les péchés du monde” avait déclaré le ministre avant de conclure : Je ne ferai pas de politiquement correct. Je revendique à mort le choix de Vichy (source La Montagne 21 septembre 2008)

L’ambition aujourd’hui déclarée par Hortefeux pour la ville de Vichy (source La Montagne 29 août 2010) fait suite à l’annonce par le maire actuel, Claude Malhuret, de ne pas briguer un nouveau mandat. Cette solution offrirait une confortable solution de repli pour le ministre originaire du Puy-de-Dôme qui, malgré son activisme au gouvernement et la présence de son mentor à l’Elysée, n’apparaît pas en capacité de s’emparer de la ville de Clermont-Ferrand aux mains des socialistes depuis la libération.

Sans tomber dans le piège de l’amalgame facile avec la capitale de la France de Pétain, la période retenue pour laisser filtrer l’information est volontairement provocatrice.

Le 15 juillet 1940, le régime de Vichy adoptait une loi relative à la procédure de déchéance de la qualité de Français. Une semaine plus tard, le 22, était promulguée une loi portant sur la révision des naturalisations. Dans la foulée, le 27 était créée une Commission chargée de réviser les naturalisations effectuées après le 10 août 1927. En septembre, une loi relative à la « situation des étrangers en surnombre dans l’économie française » était à son tour promulguée.

Brice Hortefeux aime jouer avec les mots et avec l’histoire. Son humour douteux sur les auvergnats a été sanctionné en juin 2010 par une condamnation en première instance à 750 euros d’amende et 2000 euros de dommages et intérêts pour injure à caractère raciale.

Concernant l’histoire, Brice Hortefeux ne paraît pas, par son ambiguïté permanente, le mieux placé pour mettre fin au poids de l’histoire qui pèse sur la ville de Vichy.

La volonté de glissement sémantique initiée par le député Gérard Charasse en 2003 à travers une proposition de loi visant à substituer à la désignation “régime de Vichy”, l’appellation “ dictature de Pétain” avait suscité une inquiétude légitime des historiens.

Elle semble aujourd’hui reprise à mots couverts par Brice Hortefeux, essentiellement pour des intérêts électoralistes. Pourtant, sous prétexte de soulager le malaise d’une ville, la substitution des termes permet de passer d’une responsabilité collective (reconnue par Jacques Chirac en 1995) à une simple responsabilité personnelle.

"Douloureuse France"...

Voici un extrait, sans commentaire, du dernier livre d'Anna Politkovskaïa intitulé Douloureuse Russie (éditions Buchet-Chastel, 2006, p.99) :

À Saint-Pétersbourg, des skinheads ont tué une fillette tadjique âgée de neuf ans, Hucherda Sultanova, sous les yeux de Youssouf, son père. Youssouf Sultanova travaille à Saint-Pétersbourg depuis de longues années. Le soir du drame, il revenait de la patinoire avec Hurcheda et le cousin de celle-ci, Alabir, onze ans. Des "crânes rasés" agressifs les ont suivis et les ont attaqués dans un passage sombre qui conduit à leur immeuble. On a relevé onze coups de couteau sur le corps d'Hurcheda. Alabir s'est sauvé par miracle en se cachant sous une voiture garée dans le passage. Il a vu les skinheads frapper sa cousine jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'elle était morte. C'était un vrai lynchage. Les assassins criaient : "La Russie aux Russes !"

Les Sultanov n'étaient pas des clandestins, c'étaient des Pétersbourgeois parfaitement en règles. Mais les néo-nazis ne vérifient pas les papiers de leurs victimes...

En tenant des discours qui stigmatisent les étrangers, nos dirigeants portent une lourde part de responsabilité dans ce genre de tragédies. Car les expressions qu'ils emploient sont pratiquement des appels au pogrom..."

La mise en gras est de mon fait. À bon entendeur...

"Contrairement à son président, la République est bien ingrate envers ses enfants"

Cette phrase en titre de mon billet est de maître Eolas, extraite d'un de ses derniers billets intitulé : "Assez français pour se faire tirer dessus : l’affaire Guissé".

Alors que Jean Sarkozy, fils de, est en passe de diriger le plus grand quartier d'affaires d'Europe, l'EPAD, à seulement 23 ans et sans aucune compétence en la matière (faut-il rappeler que nous sommes dans une situation de crise économique et financière ?), Ounoussou Guissé, soldat français ayant combattu sous le drapeau en Afghanistan, est victime d'un acharnement judiciaire incroyable pour lui contester sa nationalité !

D'où cette phrase qui conclut le billet de maître Eolas : "Contrairement à son président, la République est bien ingrate envers ses enfants".

Je vous invite vraiment à lire ce billet sur le blog de maître Eolas, vraiment très instructif et éclairant cette situation ubuesque pour en souligner l'injustice et l'absurdité.

Tian'anmen, 20 ans après, que reste-t-il de la révolte ?

Je ne pouvais pas manquer ce triste anniversaire, même si je n'aurai pas le temps de rédiger un article complet. De toutes façons, vous ne manquerez pas de littératures à ce sujet dans vos journaux...

Mon impression globalement, c'est qu'en Chine comme ailleurs, on voit la fin d'un idéal politique. Les questions matérielles préoccupent davantage et le politique n'est plus perçu comme une solution possible, au mieux est-il considéré comme un moyen parmi d'autres, et encore, bien après l'économie (comme si on pouvait dissocier les deux !).

Alors que Tian'anmen était le reflet à la fois d'une révolte et d'un espoir pour une démocratisation du régime, avec des revendications politiques, la population chinoise dans sa diversité nourrit aujourd'hui une colère liée aux conditions de vie plus qu'aux conditions de l'expression politique. Face à des injustices toujours plus criantes et augmentées par une corruption endémique, les préoccupations ne sont plus idéologiques mais directement matérielles : comment se loger, se soigner, éduquer ses enfants ?... Les questions sont de mon point de vue tout à fait politiques, mais les réponses attendues par les Chinois ne le sont pas vraiment j'ai l'impression.

Cependant, bien que le régime ait réussi à déplacer le débat de la sphère publique à la sphère privée, en octroyant pour ce faire un espace de libertés "contrôlées", la multiplication des mécontentements et des révoltes continue à inquiéter Pékin qui est contraint de maintenir sa vigilance, et même de l'amplifier pendant ce triste anniversaire.

Alors, que faut-il en conclure ? Quel avenir imaginer pour la Chine du 21e siècle ? C'est une question qu'on me pose souvent et à laquelle je ne saurais donner de réponse. Une chose est sûre, il sera de plus en plus difficile pour le régime de maintenir la paix sociale, qui reposait en grande partie sur le développement fulgurant de l'économie chinoise, allié à un contrôle politique étroit.

Or, la crise économique qui succède à la crise financière aura forcément des répercussions politiques en Chine. Les révoltes localisées seront sans doute de plus en plus difficiles à circonscrire et à étouffer. Par ailleurs, un élément intéressant à noter, c'est que même des promoteurs immobiliers ont signé la Charte 08 [en], demandant une démocratisation du régime, notamment pour faire valoir leurs droits de propriété, vaste question en Chine dont la problématique est héritée des Communes populaires.

Brice Perdoletti, du Monde, écrit sur son blog, dans un article intitulé "Sous les pavés de Tian'anmen, des crabes, des crabes, des crabes" : "la Toile est bien le lieu d’une re-politisation spectaculaire de la jeunesse ces dernières années".

Même si le phénomène existe, j'avoue que je ne sais pas quelle ampleur réelle il peut bien avoir en Chine. Je suis un peu sceptique sur l'influence que peuvent avoir ces blogs d'un point de vue politique, si ce n'est une influence sur les courants politiques réformistes au sein du PCC qui peuvent se sentir encouragés.

En cela, l'autorisation de la publication des mémoires posthumes de Zhao Ziyang à Hong Kong par les autorités officielles est un signe davantage significatif je pense...

Voilà pour les réflexions que cette journée du 4 juin 2009 m'inspire. Mais vous, qu'en pensez-vous ?

HADOPI : Menaces sur Internet

Bon, je ne suis pas très bavarde sur mon blog, ce qui pourrait signifier que je n'ai pas grand chose à raconter, mais c'est en fait tout le contraire !

Je manque de temps (oui, je sais, rengaine habituelle), mais je ne désespère pas de me libérer un peu un de ces jours et de reprendre une écriture plus assidue.

En attendant, vous pouvez lire un billet que j'ai écrit pour le blog de la section PS d'Ermont, intitulé "HADOPI : menaces sur Internet". Il sera publié en deux parties.

Pour les nouvelles, à part ça, en vrac :

  • Je me noie gentiment dans tous mes projets professionnels. Du coup, une seule solution : embaucher. Pour l'instant, j'y vais par étape. J'ai publié une offre de stage de 4 à 6 mois pour un-e assistant-e de gestion PME (PDF, 91 Ko). Puis peut-être un recrutement en alternance à la rentrée. Selon les moyens et suivant comment ça se passe. Ou carrément une embauche. je ne sais pas. Ca fait très bizarre de se retrouver en position d'employeur, je vous assure. Mais bon, fournir du travail en ces périodes de crise, c'est plutôt satisfaisant !
  • Comme si le boulot ne suffisait pas, je prépare, avec des amis, la création d'une association professionnelle regroupant indépendants et petites entreprises de différentes spécialités, ayant comme point commun de travailler dans le Web et promouvant la pratique d'un Web de qualité (accessibilité, multilinguisme, formats ouverts et pérennité des données).
  • J'essaie également d'aider Wilfried dans l'organisation de la thématique accessibilité pour les rencontres mondiales du logiciel libre à Nantes en juillet prochain....
  • Je suis en train depuis des plombes de refaire mon site pro. Il est presque fini. Mais tout est dans le "presque"... Peut-être suis-je un peu perfectionniste, mais difficile de mettre en ligne un site non terminé. Je pense qu'il va falloir que je revois mes exigences à la baisse si je veux un jour que mon nouveau site paraisse en ligne...
  • Ah, au fait, la remise des prix de la Banque Populaire a eu lieu. Ca s'est très bien passé et m'a permis de faire connaissance avec une autre Ermontoise lauréate, une voisine et super sympa. Si vous souhaitez acheter des fleurs comestibles, visitez le site de Chez Prune.
  • Côté vie privée, après ma petite sœur qui devrait accoucher de mon futur neveu autour du 20 mai, mon petit frère attend lui aussi un enfant (enfin, sa copine, vous l'aurez compris, hein). Et comme Hui-Mei et Olivier ont enfin emménagé en région parisienne, je vais avoir l'occasion de voir ma filleule plus souvent ! Bref, je suis entourée de bébés... C'est là qu'on sent le temps qui passe... En revoyant une photo d'il y a 8 ans, je me suis dit : "j'ai morflé", comme dirait mon père. Mais ne le dites pas à Nico, il croit toujours avoir 10 ans :-P
  • Et puis, bien sûr, toujours la politique... Ca occupe pas mal de mon temps libre (même s'il n'en reste pas beaucoup).

Mais je trouverai toujours du temps pour les amis, alors, on reste en contact ? ;-)

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