En direct de Paris Web - J1

Aujourd'hui, première journée de cet évènement tant attendu dans le monde du Web : Paris Web, série de conférences pluridisciplinaires sur la qualité Web.

C'est la troisième année que j'y suis, en espérant cette année pouvoir assister aux trois journées complètement. Paris Web, c'est un peu "the place to be" et c'est toujours avec enthousiasme, à la lecture du programme d'abord et en écoutant les intervenants ensuite que je m'y rends.

Cependant, c'est aussi un microcosme un peu spécial, qui peut dérouter et me mets un peu mal à l'aise par moment. Comment vous le décrire, pour les non geeks qui lisent ce blog (et peut-être pour les geeks qui doivent se demander ce qui peut bien me mettre mal à l'aise...) ?

Le côté enthousiasmant et vraiment sympathique de Paris Web, c'est son côté "geek" justement, un peu caricatural et tellement attachant également. Sont regroupés ici des gens passionnés par leur métier, quel qu'il soit, et surtout au Web, en tant que défi technologique aussi bien qu'utopie de l'universel, qui parlent un même langage (même si la dernière conf. sur le HTTP ne m'a pas complètement parlé...) et qui viennent ici avec la volonté d'apprendre. Car l'apprentissage est le fondement même de cette matière si jeune et en perpétuelle évolution. S'ajoute à cela l'univers particulier "geek" avec ses blagues (l'erreur HTTP 418 par exemple, que j'ai découverte - non initiés s'abstenir... Le site Désirs d'avenir est également une blague à lui tout seul !) et le partage de difficultés communes. Mon dernier billet anti Internet Explorer 6 aurait pu être écrit par tous les intégrateurs dans la salle. C'est ce qui donne une identité et fait qu'on se sent moins seul dans son travail. Solitude qu'on ressent plus particulièrement quand on travaille en indépendant, seul face à sa machine.

Et que dire de la qualité et de l'humour des conférenciers qui apportent toujours énormément ? J'ai pu assister à trois conférences dans le grand amphi : une sur le métier d'intégrateur, une autre intitulée "un seul Web" et la dernière sur "HTTP pour les naïf et pour les brutes" (bel effort pédagogique pour cette dernière, même si je n'ai pas tout compris...).

La palme de cette matinée va à Daniel Glazman qu'on pourrait écouter encore longtemps...

Alors, d'où vient ce malaise ? D'un petit côté élitiste peut-être et d'une certaine propension à consacrer des idoles. Je ne jette la faute sur personne en particulier, ou plutôt tant sur les vedettes que sur les fans... Le vocabulaire est assez révélateur : on parle d'"évangélisation" pour parler de l'action de transmettre ces connaissances sur le Web de qualité, de "gourous" pour ceux s'étant faits un nom en écrivant des articles ou faisant des conférences... L'athée que je suis ne peut être que perplexe face à un tel engouement qui vire à la fascination... L'introduction dans le grand amphi, si elle était à prendre au second degré, m'a quand même un peu gênée... Très réussie grâce à sa musique prenante, elle affichait des citations disant combien Paris Web est génial. Ce qui est vrai, certes, mais était-il nécessaire d'en faire des caisses ?...

Car la conséquence que je vois à cette starisation, c'est le risque de dévaloriser ceux qui ne font pas partie du cercle. Les plus timides, qui veulent bien faire mais qui en venant ici auront peut-être ressenti une honte en constatant que certaines des pratiques condamnées (à très juste titre) sont encore utilisées par eux. Pourtant, ne faudrait-il pas plutôt encourager ceux qui prennent la peine de se former ? Tout est présenté de façon tellement évidente, comme si tout le monde le savait, que rares sont ceux qui osent lever la main quand l'orateur demande s'il y a des personnes dans la salle ne connaissant pas telle ou telle technologie (vous imaginez bien que ce n'est pas mon cas ;-)).


Je ne crois franchement pas que ce soit la volonté ni des organisateurs, ni des orateurs qui ont la générosité et l'engagement de créer cet évènement. Je leur suis personnellement très reconnaissante, tant les conférences m'apportent. Mais c'est quand même un peu leur responsabilité je pense.

Ce billet est moins un compte-rendu qu'une réflexion personnelle. Comment tant de générosité peut-elle susciter ce genre de risque ou de dérive ? Comment des personnes bénévoles, engagées et ouvertes aux autres peuvent-elles tout à coup avoir une responsabilité sur la façon dont leurs actes et paroles sont interprétées ? Au delà de Paris Web, je pense évidemment à mes engagements personnels (politique et associatifs), pour lesquels je n'ai pas de responsabilité officielle mais qui me donnent pourtant de facto une responsabilité associée parfois de critiques d'élitisme... Ce qui est injuste quand on me connaît. Ce qui ne m'empêche pas de faire la même critique à Paris Web tout aussi injustement... C'est pourtant un fait. Paradoxal non ? La vraie question serait : comment éviter que des gens ressentent ça ? Est-ce possible ?...

Ce qui ne m'empêchera pas de poursuivre avec beaucoup de plaisir les conférences, et d'inviter tous les passionnés de Web de venir y assister, ce devrait être obligatoire ;-)

Ça ne va pas tarder à reprendre... @+ !

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