Des nouvelles de Hu Jia, militant infatigable de la Liberté en Chine...

Je me suis mise très récemment à Twitter. Il s'agit d'un système de micro-blog : on peut diffuser de l'information en 140 caractères et suivre l'actualité de ceux qu'on veut suivre. Contrairement à un réseau social, il n'est pas nécessaire d'être ami ni qu'il y ait réciprocité pour suivre l'actu de quelqu'un. Et l'avantage que j'y ai trouvé, c'est la facilité avec laquelle l'information circule et les nombreuses sources d'infos qu'on ne peut trouver nulle part ailleurs.

C'est de cette façon que nous pouvons avoir des nouvelles de Hu Jia, emprisonné en 2007 pour sa liberté de ton et ses combats pour la Liberté, l'écologie et contre le sida, il coordonne également l'association des Avocats aux pieds nus. Il n'en fallait pas tant pour déplaire aux autorités. Sa nomination au Prix Nobel de la Paix en 2008 suffit à accroître le courroux du tout puissant Parti Communiste chinois.

Libéré le 26 juin 2011, atteint d'une cirrhose du foie, il est mis en résidence surveillée, mais n'en continue pas moins à se battre, comme l'indique ce Tweet posté aujourd'hui :

2点30分,71378条。一小时增加近400条。我们还剩9个半小时。全国人大开门立法至少强过密室立法。今年车船税法、个人所得税法等修正案通过征集 意见不同程度吸收了民意。而刑诉法是更艰难的博弈,党要其助纣为虐强化暴力机器,公民要其不逾底线、维护言论和人身自由。公民加油!

Un Tweet est un message court de 140 caractères maximum. On voit ici l'avantage du chinois, qui peut dire bien plus de choses en peu de caractères.

Voici une tentative de traduction. Vous excuserez ma maladresse, je suis un peu rouillée, mais l'essentiel y est :

14h30. 71378 amendements. 400 de plus en une heure.
Il nous reste encore 9 demi-heures. Des gens de tout le pays ouvrent grand la porte de la Loi au moins jusqu'à ce que le secret ait été renforcé.
Cette année, concernant la loi de finances sur les transports et la loi de finances sur les revenus individuels, l'opinion publique a intégré l'idée que les amendements doivent tenir compte de l'opinion du Peuple à différents niveaux.
Mais la loi de procédure pénale est un jeu encore plus difficile, le Parti veut aider la tyrannie et renforcer son système de violence, tandis que la volonté du Peuple n'excède pas le minimum : la protection de sa liberté d'expression et de ses libertés individuelles. Courage le Peuple !

Quand on connaît le contexte et qu'on sait ce qu'il a vécu, un tel courage me donne des frissons !

À noter que ce Tweet a été re-tweeté par l'artiste Ai Weiwei, assagi sur le Net depuis sa récente arrestation et les menaces faites contre ses proches, mais qui en diffusant ce message n'en reste pas moins engagé.

Conte de fée chinois, version Web 2.0

Retour en Chine avec un nouvel extrait d'article pioché sur le site du Nouvel Observateur, écrit par Ursula Gauthier et intitulé : "Chine : Les insurgés du Web". Vous pouvez lire l'article dans son intégratlité sur le site du Nouvel Obs'.

Un blogueur chinois, accusé d'avoir « colporté des rumeurs contre la police », est arrêté en juin 2009, emmené au poste et interrogé sans relâche pendant des heures... Jusque là, l'histoire n'est que trop banale dans un pays où le délit d'opinion est monnaie courante. Le jeune blogueur, Guo Baofeng, alias Amoiist - qui se qualifie lui-même d'« emmerdeur » - s'était attiré l'inimitié des dirigeants de Fuzhou en postant une vidéo dans laquelle une pauvre femme en pleurs accusait les flics de la ville d'avoir collectivement violé sa fille de 25 ans, puis de l'avoir laissée mourir d'hémorragie.

Mais le destin de l'emmerdeur va soudain prendre un tour inattendu : à l'aurore, après une nuit d'interrogatoire, profitant de ce que ses geôliers sont assoupis, Guo réussit à envoyer en douce deux messages sur Twitter : « J'ai été arrêté par la police de Mawei, SOS », puis : « Svp, aidez-moi, j'ai subtilisé mon téléphone pendant que le policier dormait ». Plein d'espoir, il suit sur son minuscule écran la propagation de la nouvelle, twittée et re-twittée par des membres de son groupe.

Quand les flics lui arrachent son Blackberry, c'est déjà trop tard : la planète des « twitteurs » chinois s'est mise en branle. L'un d'entre eux lance l'idée d'une campagne d'un genre nouveau : il s'agit d'adresser au « prisonnier de conscience Guo Baofeng » une carte postale portant une seule phrase : « Guo Baofeng, ta mère te demande de rentrer pour le dîner ». Un autre fait imprimer la fameuse petite phrase sur des T-shirts et promet d'en offrir un en échange de chaque carte envoyée, une photo faisant foi. C'est bientôt une avalanche de cartes postales qui s'abat sur la prison N°2 de Fuzhou où Guo est détenu. En même temps, sur le Net, fleurissent des recueils de photos de cartes rivalisant de créativité et d'humour. Plus un internaute chinois n'ignore désormais l'histoire de Guo Baofeng et de sa mère qui l'attend pour dîner. Le buzz est tel, y compris dans la presse, que le blogueur est relâché au bout de deux semaines.

« Sans Internet, ce miracle n'aurait pas pu se produire, écrira Guo Baofeng sur son blog. Je suis la preuve vivante de l'immense pouvoir de Twitter. » Quand ils parlent d'Internet, les « netizens » (les internautes-citoyens, ou « Netoyens ») de Chine ont des accents lyriques, voire religieux : pour eux, le Net est « le plus grand cadeau que l'histoire ait fait à notre pays », « le premier espace, en 3000 ans d'autocratie, où la parole soit libre de toute censure », « la chance des défenseurs des droits civiques », ou tout simplement « un don de Dieu »... Ils sont persuadés que cet espace de liberté finira par englober toute la société, entraînant une évolution profonde du système politique.

Tours de vis

En attendant, la Chine reste un des pays où la critique du pouvoir est punie le plus sévèrement. Depuis 2009, la répression s'est encore aggravée avec de lourdes condamnations infligées à des intellectuels et des avocats célèbres. Dans l'affaire de Fuzhou, pour un Guo Baofeng libéré, trois autres blogueurs accusés des mêmes « crimes » viennent d'être condamnés à plusieurs années de prison. Pas plus que la presse, Internet n'échappe à ces tours de vis. Les grands sites sociaux étrangers, comme Youtube, Twitter, Facebook ou Wikipedia, dont les contenus ne peuvent être censurés, sont inaccessibles en Chine. On ne compte plus les sites interdits qui disparaissent du jour au lendemain. Chaque commentaire posté sur un forum, chaque texte ajouté à un blog est examiné à la loupe, supprimé au moindre écart. Mieux, afin d'orienter les discussions dans un sens favorable aux autorités - ce qu'on appelle ici la « canalisation de l'opinion publique » - les forums sont inondés de commentaires dûment pondus par une armée de petites mains payées à la pièce - ce qui leur vaut le surnom méprisant de « gang des 50 centimes ». Les fournisseurs d'accès, les portails, les moteurs de recherches sont tenus d'expurger leurs contenus de tout ce qui « subvertit le pouvoir d'État et sabote l'unité nationale, incite à la division ethnique, promeut les cultes et diffuse un contenu pornographique, violent ou terroriste ». C'est contre cette obligation d'avoir à faire la police en amont que Google s'est rebellé en janvier. Après avoir essayé pendant quatre ans de respecter les règles imposées par Pékin, le géant californien a préféré se retirer du marché chinois (voir encadré ci-dessous).

Alors que les médias restent muets sur ce vaste déploiement de contrôle, les netizens, eux, ont entrepris de tout déballer. Fonctionnant en réseau, informés presque « en temps réel » des innombrables scandales générés par le monopole du pouvoir, ils suivent également pas à pas les efforts considérables déployés par les autorités pour étouffer la contestation. Même les instructions confidentielles que le Bureau de la Propagande adresse chaque jour aux médias, recommandant de mettre sous le boisseau tel ou tel sujet, fuitent systématiquement sur le Net où ils paraissent sous le titre narquois de « Directives du Ministère de la Vérité », en référence au roman « 1984 » de George Orwell. Ces révélations sont quasi immédiatement effacées, mais d'innombrables netizens mettent à profit ce « quasi » pour propager l'information aux quatre coins de la Toile.

Tian'anmen, 20 ans après, que reste-t-il de la révolte ?

Je ne pouvais pas manquer ce triste anniversaire, même si je n'aurai pas le temps de rédiger un article complet. De toutes façons, vous ne manquerez pas de littératures à ce sujet dans vos journaux...

Mon impression globalement, c'est qu'en Chine comme ailleurs, on voit la fin d'un idéal politique. Les questions matérielles préoccupent davantage et le politique n'est plus perçu comme une solution possible, au mieux est-il considéré comme un moyen parmi d'autres, et encore, bien après l'économie (comme si on pouvait dissocier les deux !).

Alors que Tian'anmen était le reflet à la fois d'une révolte et d'un espoir pour une démocratisation du régime, avec des revendications politiques, la population chinoise dans sa diversité nourrit aujourd'hui une colère liée aux conditions de vie plus qu'aux conditions de l'expression politique. Face à des injustices toujours plus criantes et augmentées par une corruption endémique, les préoccupations ne sont plus idéologiques mais directement matérielles : comment se loger, se soigner, éduquer ses enfants ?... Les questions sont de mon point de vue tout à fait politiques, mais les réponses attendues par les Chinois ne le sont pas vraiment j'ai l'impression.

Cependant, bien que le régime ait réussi à déplacer le débat de la sphère publique à la sphère privée, en octroyant pour ce faire un espace de libertés "contrôlées", la multiplication des mécontentements et des révoltes continue à inquiéter Pékin qui est contraint de maintenir sa vigilance, et même de l'amplifier pendant ce triste anniversaire.

Alors, que faut-il en conclure ? Quel avenir imaginer pour la Chine du 21e siècle ? C'est une question qu'on me pose souvent et à laquelle je ne saurais donner de réponse. Une chose est sûre, il sera de plus en plus difficile pour le régime de maintenir la paix sociale, qui reposait en grande partie sur le développement fulgurant de l'économie chinoise, allié à un contrôle politique étroit.

Or, la crise économique qui succède à la crise financière aura forcément des répercussions politiques en Chine. Les révoltes localisées seront sans doute de plus en plus difficiles à circonscrire et à étouffer. Par ailleurs, un élément intéressant à noter, c'est que même des promoteurs immobiliers ont signé la Charte 08 [en], demandant une démocratisation du régime, notamment pour faire valoir leurs droits de propriété, vaste question en Chine dont la problématique est héritée des Communes populaires.

Brice Perdoletti, du Monde, écrit sur son blog, dans un article intitulé "Sous les pavés de Tian'anmen, des crabes, des crabes, des crabes" : "la Toile est bien le lieu d’une re-politisation spectaculaire de la jeunesse ces dernières années".

Même si le phénomène existe, j'avoue que je ne sais pas quelle ampleur réelle il peut bien avoir en Chine. Je suis un peu sceptique sur l'influence que peuvent avoir ces blogs d'un point de vue politique, si ce n'est une influence sur les courants politiques réformistes au sein du PCC qui peuvent se sentir encouragés.

En cela, l'autorisation de la publication des mémoires posthumes de Zhao Ziyang à Hong Kong par les autorités officielles est un signe davantage significatif je pense...

Voilà pour les réflexions que cette journée du 4 juin 2009 m'inspire. Mais vous, qu'en pensez-vous ?

Chine : le discours d'investiture d'Obama en partie censuré

Je ne résiste pas à l'envie de vous transmettre cette dépêche de l'AP, que vous pouvez lire sur le site de Yahoo!, concernant le retransmission en Chine du discours d'investiture du président des États-Unis, Barack Obama :

La retranscription en chinois du discours inaugural du président Barack Obama sur les sites Web chinois était incomplète mercredi, omettant les passages sur le communisme et les dissidents.

Le discours du nouveau président risquait de chatouiller les dirigeants du PC chinois, attentifs à ce que diffuse Internet en Chine.

Obama a déclaré que les générations précédentes avaient affronté le communisme et le fascisme pas seulement avec des missiles et des tanks, mais avec des alliances solides et des convictions durables.

Il a ensuite épinglé ceux qui s'accrochent au pouvoir par la corruption et la tromperie et font taire les dissidents, qui sont d'après lui du mauvais côté de l'histoire. Le mot communisme manquait dans la version des portails chinois les plus populaires, Sohu et Sina, et la mention des dissidents avait disparu. En revanche les internautes de Hong-Kong ont pu trouver une version complète sur le site de Phoenix TV.

La Chine élève son seuil de pauvreté

Une bonne nouvelle, en cette période de fêtes, trouvée sur l'AFP et transmise par mon petit Nico :

La Chine a élevé le seuil de pauvreté, reconnaissant officiellement trois fois plus de nécessiteux que précédemment, ont indiqué aujourd'hui des médias chinois.

Le gouvernement a décidé que ce seuil passerait de 785 yuans (82 euros) à 1.100 yuans (115 euros) par an, a rapporté le China Daily. Cela signifie que 43,2 millions de gens sont désormais considérés comme pauvres, au lieu de 14,8 millions précédemment.

La hausse du seuil signifie que davantage de gens pourront bénéficier des programmes d'aide officiels, pour lesquels le gouvernement a dépensé 16,7 mds de yuans cette année (17,5 mds euros) soit 2,3 milliards de plus qu'en 2007, a souligné la presse.

La Chine avait pour la première fois fixé un seuil de pauvreté en 1985 - de 200 yuans à l'époque - et estime avoir sorti de l'indigence 200 millions de personnes depuis le lancement de ses réformes économiques il y a 30 ans. Ce seuil est le niveau de revenus minimum pour avoir accès aux produits de première nécessité et services de base, selon le calcul officiel.

Du mauvais usage des caractères chinois dans la culture occidentale...

Chers amis sinophones, lequel d'entre vous n'a jamais connu quelqu'un lui demandant ce qu'un caractère qu'il avait sur son sac, en broche, en médaillon ou sur un tatouage voulait dire ?

Hanzi Smatter est un blog très ludique recensant les cas de mauvais usage des caractères chinois.

Un extrait de ce qu'on peut trouver, avec cette photo de tatouage porté par une femme. Je vous en laisse deviner le sens...

"Pour la Chine, la France est le maillon faible de l'Europe"

Voici une excellente interview de Jean-Vincent Brisset parue dans Le Monde, très intéressante et éclairante sur les rapports de forces entre la France et la Chine en termes stratégiques.

LEMONDE.FR | 04.12.08 | 20h56 • Mis à jour le 04.12.08 | 21h10

Après avoir renoncé à rencontrer le dalaï-lama en août à Paris, Nicolas Sarkozy a finalement annoncé qu'il rencontrerait le chef spirituel tibétain en Pologne samedi 6 décembre. Réplique immédiate de Pékin : le sommet Chine-UE, prévu le 1er décembre à Lyon, a été annulé. Jeudi, la Chine a été plus loin, menaçant Paris de mesures de rétorsion économique. Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques, et spécialiste de la Chine, explique les raisons de l'intransigeance de Pékin.
A Prague, lundi 1er décembre, puis lors d'une rencontre avec le premier ministre belge, Yves Leterme, mercredi 3 décembre, le dalaï-lama a de nouveau accusé la Chine de "génocide culturel ".

Comment se fait-il que la question tibétaine soit devenue si vive qu'elle suffit à Pékin pour annuler un sommet Chine-UE ?

Le problème du dalaï-lama est un prétexte. La Chine tape sur la France mais, en réalité, ce qu'elle n'aime pas c'est l'Europe unie. Les hommes politiques chinois ont l'impression de gérer dans le bilatéralisme, sauf avec les Etats-Unis, mais ils sont conscients qu'ils ne savent pas gérer dans un contexte multilatéral. Or les Français leur ont fait très peur quand ils ont obtenu l'embargo européen sur les ventes d'armes à la Chine, fin 1989, en réponse au massacre de Tiananmen. Depuis, les Chinois cherchent où enfoncer le coin pour faire éclater une Europe qui les gêne, parce qu'elle leur imposera des quotas, les obligera à réévaluer le yuan, etc. Et il se trouve qu'ils ont trouvé où le coin allait rentrer. Gordon Brown et Angela Merkel peuvent recevoir le dalaï-lama et ne pas se rendre à la cérémonie d'ouverture des JO. Le gouvernement polonais peut se permettre d'inviter officiellement le dalaï-lama... La question n'est pas là, il s'agit de taper sur le maillon faible.

La France est donc le maillon faible ?

Oui, et ce, historiquement. Dans mon escadron, à l'armée, on avait l'habitude de dire : "On tape toujours sur le même, comme ça y en a qu'un qui gueule." On est exactement dans la même configuration : la Chine tape toujours sur le même, et en plus elle a la chance qu'en ce moment, il se trouve en haut du dispositif – la présidence de l'UE. C'est merveilleux !

Cela remonte à loin. Les diplomates français ont de tout temps été fascinés par la Chine et en ont une vision totalement déconnectée de la réalité. Nous sommes persuadés qu'il faut être gentils avec les Chinois pour que les Chinois soient gentils en échange. Parmi les pays ayant joué un grand rôle au niveau mondial, le nôtre est celui qui s'est montré le plus faible vis-à-vis de la Chine. Nous sommes ainsi considérés comme un pays femelle, faible et qui change tout le temps d'avis. Or la Chine ne respecte que la force.

L'attitude de Paris depuis le passage de la flamme olympique n'a pas dû arranger cette image...

La France s'est lancée dans un concours d'excuses alors qu'elle n'y était pour rien. Des excuses qui s'inscrivent en outre dans la droite ligne de la tradition diplomatique chinoise : historiquement, un pays vassal marque sa soumission à Pékin en envoyant un émissaire chargé de porter un cadeau. Et que fait Sarkozy ? Il envoie Raffarin, un ambassadeur tout désigné, porter une biographie du général de Gaulle à Pékin.

Comment les Chinois ont-ils interprété ce geste ?

Ils n'ont pas eu à l'interpréter ! Pour eux, c'est extrêmement clair : la France est un pays vassal. Et il sera très difficile de revenir en arrière. On a déjà essayé par le passé : en 1993, Balladur avait envoyé un émissaire, George Friedman, déclarer à Pékin que la France ne reconnaissait qu'une seule Chine, afin de se réconcilier après l'embargo sur les armes initié par la France en 1989. Nous n'y avons gagné que du mépris.

Comment rétablir des relations plus saines avec la Chine ?

Il y a heureusement beaucoup de gens en Europe qui commencent à comprendre que la Chine n'est pas un pays ami. C'est un pays égoïste qui a des rapports rugueux avec le reste du monde, avec lequel il faut prendre un peu de distance. Cela s'est ressenti dans les premières déclarations européennes après l'annulation du sommet Chine-UE : Manuel Barroso a commencé par expliquer que le problème concernait toute l'Europe, pas seulement la France, et surtout qu'il y avait un problème du côté chinois. La Chine attend maintenant de voir si Sarkozy ira bien voir le dalaï-lama en Pologne. Elle teste la solidité de l'Europe, pas de la France : si elle impose des mesures de rétorsion bilatérales contre la France et que les Européens laissent faire, elle aura tout gagné. Mais si la France se retranche derrière l'Europe et que l'UE reste solidaire, ça se passera très bien. Si l'Europe faiblit, la Chine pourra piétiner tous les pays européens l'un après l'autre, sauf la Grande-Bretagne, qui ne se laissera jamais faire.

Propos recueillis par Soren Seelow

Photos de vacances...

Eh oui, je m'étais promis d'alimenter plus régulièrement mon pauvre blog, mais je n'ai pas pu tenir ma promesse... Je voulais profiter de deux semaines de vacances en Chine cet été pour lui redonner vie, mais la censure fut contre moi ! Impossible d'accéder à mon blog depuis les hôtels et autres cybercafés. Avec les JO, les autorités ont redoublé de vigilance et je n'ai donc pas du tout pu écrire de billets. Et depuis mon retour, je n'ai pas eu une minute !

Petite séance de rattrapage donc...

Du 23 août au 8 septembre, mon cher et tendre et moi-même avons profité des prix très attractifs de Swiss Air pour Shanghai pour retourner vers ma destination favorite ! Bon, Shanghai est loin d'être ma ville préférée, mais nous n'y sommes pas restés. Au menu : Shanghai, Suzhou, Nankin, les Huangshan et environs et enfin Hangzhou et son fameux lac de l'Ouest.

Et alors que le 8 septembre Nicolas rentrait vers Paris, j'ai prolongé d'une semaine à Hong Kong pour donner une formation à un client : l'équipe Chine du Forum China-Europa. Malheureusement, à part l'Université PolyU, je n'ai pas vu grand chose et j'ai eu la bêtise de perdre les quelques photos que j'ai prises. Mais l'impression générale que j'ai de Hong Kong, que j'ai découverte lors de ce voyage, c'est une ville de tous les contrastes : quartiers hyper urbanisés cotoyant une végétation luxuriante... Une ville proprement hallucinante !

Je suis donc rentrée le 13 septembre, et en plus du travail, le congrès du PS occupe pas mal de mes soirées. Vivement que ce soit terminé !

Je dédie ce billet à Olivier et Hui-Mei que je devais retrouver à Taiwan cette semaine. La petite Inès (futur bébé d'Olivier et Hui-Mei et ma future filleule quand elle aura daigné pointer le bout de son nez) se sent si bien dans le ventre de Hui-Mei qu'elle ne veut pas sortir... Courage Hui-Mei ! Je pense à toi !

Et maintenant, quelques photos de Chine que vous pouvez retrouver en ligne sur Picasa.

Album Web Picasa : photos de Chine

JO de Pékin : La chanson d'ouverture était en playback

Pour l'image de la Chine, une chanteuse peut en cacher une autre
12/08/2008-[09:33] - AFP

PEKIN, 12 août 2008 (AFP) - La fillette chinoise qui a entonné l’"Ode à la Patrie" lors de la cérémonie d’ouverture des jeux Olympiques de Pékin a chanté en playback, la véritable chanteuse n’étant pas assez jolie pour représenter la Chine, a reconnu le directeur musical du spectacle.

Source AFP, reprise sur le site de France Info

Je suis un renard !

Voici une chanson que j'ai adorée dès la première écoute ! Le chanteur est Wàn Xiǎolì 万晓利, jeune chanteur né en 1971 dans le Hebei.
La chanson s'appelle 狐狸, ce qui se prononce húli et signifie "renard". Cette chanson est extraite de l'album "Va et viens" (走过来走过去 zǒuguòlái zǒuguòqù).

Signe distinctif : un pull rayé bleu marine (on reconnaît ses fans à ce T-shirt).

Cette chanson devrait plaire à mon petit Nico qui, en adorateur de Huun-Uur-Tu, appréciera un des couplets en particulier faisant jouer la voix à la manière des chanteurs de gorge de Tuva.

Et pour les plus curieux, voici les paroles, avec la transcription phonétique en pinyin (traduction rapide en commentaire) ;-) :

我是一只狐狸 Wǒ shì yī zhī húli
我住在森林里 wǒ zhù zài sēnlín lǐ
我的对手太愚蠢 wǒ de duìshǒu tài yúchǔn
我谁也看不起 wǒ shuí yě kànbuqǐ
人们都只看到 rénmen dōu zhī kàndào
我长得很美丽 wǒ zhǎng de hěn měilì
他们都不知道 tāmen dōu bùzhīdào
我的心也是善良的 wǒ de xīn yěshì shànliáng de
都以为我很坏 dōu yǐwéi wǒ hěn huài
都以为我不实在 dōu yǐwéi wǒ bù shízai
都以为我的心里 dōu yǐwéi wǒ de xīnli
没有一点爱 méiyǒu yīdiǎn ài
所以我变得很虚伪 suǒyǐ wǒ biàn de hěn xūwěi
到处在找机会 dào chǔzài zhǎo jīhuì
谁要是爱上我 shuí yàoshi àishang wǒ
我就让谁倒霉 wǒ jiùràng shuí dǎoméi
唉...... ài......
日子过了多少天 rìzi guò le duōshǎo tiān
一切还是没改变 yīqiè háishi méi gǎibiàn
我不停的在修炼 wǒ bùtíng de zài xiūliàn
很快就要变成仙 hěn kuài jiùyào biànchéng xiān
突然有天我发现 tūrán yǒu tiān wǒ fāxiàn
一个东西真可怜 yī ge dōngxi zhēn kělián
他在到处做宣传 tā zài dàochù zuò xuānchuán
人们都被他欺骗 rénmen dōu bèi tā qīpiàn
唉...... ài......
我终于醒悟了 wǒ zhōngyú xǐngwù le
这个世界早已改变了 zhège shìjiè zǎoyǐ gǎibiàn le
现在不是从前了 xiànzài bù shì cóngqián le
兔子比狐狸狡猾了 tùzi bǐ húli jiǎohuá le
我终于醒悟了 wǒ zhōngyú xǐngwù le
这个森林里没有童话了 zhège sēnlín lǐ méiyǒu tónghuà le
兔子扬言要玩我 tùzi yángyán yào wán wǒ
我夹着尾巴逃跑了 wǒ jiā zhe wěiba táopǎo le

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