En route pour le RGAA 3.0 !

Le 12 novembre je publiais un article de blog intitulé "SGMAP et accessibilité numérique : un appel d'offres ambitieux mais ambigu" dans lequel je pointais les risques de ce marché.

Le 10 décembre 2013, avec Jean-Pierre Villain et les autres membres du groupement, nous déposions une offre. Quelques mois plus tard nous recevions le courrier de notification, daté du 27 février 2014. Et depuis, bien que nous ayons déjà bien avancé, aucune nouvelle...

Étant donné ma prise de position très critique à la lecture de l'appel d'offres, ce qui peut sembler un retournement de situation avec l'attribution du marché et le silence relatif depuis, je tenais à prendre le temps de vous informer directement, toujours via mon blog.

Il s'agit comme toujours d'un billet très personnel, qui n'engage que moi et totalement libre. En effet, si le déroulement du marché est confidentiel et fera l'objet d'une communication officielle de la part du SGMAP, nous sommes libres de communiquer sur le fait que nous avons gagné et sur tout ce qui précède ce marché, le contexte de la réponse notamment.

Pour une communication officielle du groupement dont je fais partie, je vous invite à lire le communiqué de presse (PDF, 121ko) diffusé le 15 mai dernier.

Je vous propose de découvrir :

  1. le contexte de la réponse à l'appel d'offres ;
  2. le contenu du marché ;
  3. les questions qu'on peut se poser sur l'avenir.

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Entreprise : besoin de collectif !

L'année 2013 fut assez étrange. Le premier semestre fut un tel désert dans les commandes, que j'ai bien cru devoir m'arrêter pour chercher du travail. Puis le deuxième semestre fut tellement dense, que j'aurais dû embaucher pour tout absorber. Or, n'étant pas dans cette logique, j'ai sous-traité un peu et me suis retrouvée dans la situation de refuser des contrats. Je préfère refuser un contrat que d'accepter une charge que je sais ne pas pouvoir traiter sérieusement. Mais c'est absurde.

Du coup, le bilan 2013 est mitigé. Pourtant, les commandes ne cessent pas. Et je vais avoir besoin de faire un choix. Soit je continue à refuser des contrats quand je n'y arrive pas. Soit j'embauche (mais je ne me vois pas patronne...). Soit je fais des partenariats étroits et envisage, si les relations sont bonnes, de fusionner.

Il faut savoir que le projet initial d'ACS Horizons était de créer une SCOP, mais mes deux amies de l'époque (le C et le S) ont eu finalement d'autres projets, préférant se tourner vers une activité moins aventureuse qu'une création d'entreprise.

La SCOP est une forme d'entreprise coopérative et participative où les salarié-es peuvent aussi être associé-es et où chaque associé-e a une voix, quelle que soit sa part dans le capital. L'autre principe fort concerne la répartition des bénéfices de l'entreprise : un tiers en investissement, un tiers pour les salarié-es, un tiers pour les associé-es (tous les associé-es n'étant pas forcément salarié-es et vice versa).

Depuis 6 ans (7 ans en mars 2014) qu'ACS Horizons existe, je n'ai jamais cherché à me développer plus que mes besoins de subsistance personnelle ne l'exigeais.

En 2014, j'aimerais faire le pari de l'aventure collective. Je profite donc de ce blog pour faire un appel.

Vous travaillez dans le Web, l'accessibilité numérique et/ou le logiciel libre ? Vous partagez mes valeurs de professionnalisme, confiance, excellence, responsabilité et partage ? Vous avez besoin de compétences en accessibilité numérique, de façon durable ou ponctuelle ? Faisons connaissance !

Pour me contacter : 01 78 17 88 55 ou armony [chez] acs-horizons.fr

À très vite et bonne année (ouf, dernier jour pour faire mes vœux...) ;)

SGMAP et Accessibilité numérique : un appel d'offres ambitieux mais ambigu

Le Secrétariat général pour la modernisation de l'action publique (SGMAP) a publié le 31 octobre dernier un appel d'offres « pour la mise en œuvre d'un plan d'actions pour l'amélioration de l'accessibilité des systèmes d'information des employeurs publics ».

Contexte

En mai 2009, après quatre ans d'attente, était enfin publié le décret d'application de l'article 47 de la loi handicap de 2005 portant sur l'obligation d'accessibilité des services de communication publique en ligne. En octobre de la même année, un arrêté ministériel précisait le cadre de l'obligation en officialisant le référentiel général d'accessibilité pour les administrations (RGAA).

Or, alors que l'obligation légale imposait une mise en conformité deux ou trois ans plus tard, force est de constater quatre ans après la publication du décret que les sites web publics restent très majoritairement inaccessibles. La faute notamment à un manque cruel d'information laissant les administrations et collectivités sans ressources, à une absence totale de contrôle (prévu dans le dispositif mais jamais mis en œuvre) et à un référentiel indigeste et déjà périmé avec l'arrivée des nouveautés HTML 5, car jamais mis à jour.

Sensibiliser, évaluer, mettre à jour, automatiser

L'appel d'offres du SGMAP vise à combler les lacunes évoquées avec un appel d'offres ciblé et très ambitieux (1,5 millions d'euros hors TVA tout de même !). L’État prendrait-il enfin ses responsabilités ? Il faut le croire, en lisant le cahier des charges, très bien rédigé et cernant avec intelligence les points importants sur lesquels il faut agir.

Il définit ainsi quatre grands domaines d'action :

  1. un volet communication, sensibilisation et accompagnement à la formation
  2. un volet d'accompagnement pour la délivrance d'un label « SI accessible »
  3. un volet concernant la mise à jour du RGAA et le développement d'un outil d'automatisation
  4. un volet gestion de projet

Si le sujet vous intéresse, rien de tel que de télécharger et lire le cahier des clauses techniques particulières (CCTP), précis et facile à lire.

Pourtant, si cet appel d'offres marque la volonté de prendre le sujet en main, notons toutefois quelques interrogations et une déception certaine sur la façon dont ce marché a été passé.

Interrogations et regrets

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[Témoignage] Accessibilité et féminisme : pour une société plus humaine

Aujourd'hui, c'est la journée internationale des femmes (International Women's Day), rebaptisée judicieusement en France journée internationale des droits des femmes.

Cela fait un bon moment que j'ai envie d'écrire sur le sujet, ne sachant trop par quel bout le prendre. Alors je vais faire simple et classique, en partant du particulier (ma petite histoire assez banale) pour élargir et vous livrer mes réflexions générales.

Quand j'étais petite, j'étais un garçon

C'était en tout cas mon vœux le plus cher. Je suis méditerranéenne, née à Nice en 1981 (ce n'est donc pas si vieux), avec des origines espagnoles et un Papa d'origine italienne. La plupart de mes amies étaient musulmanes. Et dans ce genre d'environnement, les rôles entre filles et garçons sont très clairement départagés.

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Proposition de directive européenne pour l'accessibilité du Web rejetée par le Sénat : et après ?

Le Sénat vient de demander officiellement au gouvernement (par l'adoption d'une motion) de ne pas adopter une proposition de la Commission européenne concernant l'accessibilité des sites web publics. Dit comme ça, ça a l'air très mal. Mais qu'en est-il exactement ?

Masquer l'échec d'une politique par l'adoption de nouvelles normes

C'est un cas assez typique, quand une réalité ne convient pas, on tente de la changer par une loi ou un décret. Cette tendance est particulièrement vraie quand on parle d'insécurité. Il suffit qu'un fait divers bien glauque survienne pour qu'un responsable politique (Nicolas Sarkozy était le champion) fasse une déclaration solennelle en disant qu'on va changer la loi, en général, pour la durcir, mais sans jamais se poser la question des moyens de la mise en application de ces mêmes lois.

Pour les questions de handicap, c'est la même chose, en plus cynique

Nous sommes en 2013, déjà. C'est-à-dire à deux ans de l'échéance fixée par la Commission européenne pour rendre les services publics en ligne en Europe accessibles à tous (et un an déjà après que l'échéance soit passée pour la loi française...). En effet, l'initiative Europe 2020 a fixé un agenda numérique pour l'Europe, dont l'action 64 (article en anglais) est d'assurer l'accessibilité des sites web du secteur public à l'horizon 2015.

Or, comme le rappelle la Commission européenne elle-même dans un communiqué datant du 3 décembre 2012 : "La situation actuelle en matière d'accessibilité des sites web d'organismes du secteur public est désastreuse". La solution ? Créer de nouvelles normes bien sûr !

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April : week-end de travail dans des locaux accessibles !

Pour ceux qui n'ont pas suivi, j'ai longtemps été membre de l'April et j'y ai même créé et animé le groupe de travail accessibilité et logiciels libres. Je suis fière d'avoir participé au travail de promotion et de défense du logiciel libre aux côtés de gens passionnés et courageux.

Pourtant, j'ai récemment quitté mes fonctions d'animation du groupe en raison d'une situation schizophrénique : un groupe de travail qui prônait la liberté pour tous y compris les personnes handicapées, et une association qui ne tenait nullement compte de ce que défendait un de ses groupes, en trouvant trop compliqué de rendre ses événements accessibles (entre autres).

Bonne nouvelle aujourd'hui ! Dans un message publié sur la liste d'information de l'April, Frédéric Couchet annonce, l'air de rien, que le week-end de travail ayant lieu au moment de l'Assemblée générale de l'April aura lieu dans des lieux "accessibles aux personnes à mobilité réduite" !

Et de découvrir que pour la première fois l'April change de lieux habituels pour privilégier l'accès à tous.

Je sais que beaucoup avaient été déçus des postures générales ayant conduit à ma démission. Certains diront sans doute que choisir des lieux accessibles n'est pas suffisant pour faire un événement accessible, et ils auront raison. D'autres penseront peut-être également qu'il est assez triste de devoir en arriver à une démission pour voir une question aussi essentielle prise en compte.  C'est juste également.

Mais je retiens surtout qu'un premier pas a été fait vers plus d'accessibilité, et j'ai envie de dire bravo ! Continuez comme ça.

Vous avez trouvé une solution pour l'Assemblée générale, reste à continuer pour tous les autres événements de l'association, notamment les AprilCamps.

Quitter l'April pour agir plus sereinement

April-exit.pngJ'ai commencé à militer pour plus de justice et de liberté quand j'avais 16 ans. Engagement politique, associatif, ce que j'ai vécu et ce que je voyais dans mon entourage ne pouvait plus durer, je devais faire quelque chose, agir. Même si je savais que mes efforts ne représenteraient qu'une goutte d'eau dans l'océan, rester les bras croisés m'était insupportable. Je n'ai cessé de militer, jusqu'à ce que ma santé décline à tel point que les méthodes traditionnelles d'action (réunions, tractages, collage d'affiches...) ne me soient plus possibles.

25 mai 2007. Alors que je suis enfermée dans ma chambre, alitée depuis des semaines pour raisons de santé, je découvre qu'il est possible de continuer à promouvoir la liberté depuis son ordinateur : j'adhère à l'April.

L'ordinateur, et le Web en particulier, m'ont redonné une liberté dont j'étais privée par mes alitements répétés. Je participais timidement en lisant les échanges plus qu'en y participant au début, en faisant signer le pacte du logiciel libre aux candidats que je connaissais.

Puis en 2009, je suis embarquée pour créer un groupe de travail accessibilité et logiciel libre. Ça tombe bien, c'est ma spécialité. Alors que je devais juste donner un coup de main, Fred Couchet insiste pour que j'en devienne l'animatrice. Objectif du groupe, affiché dans sa charte dès sa création : promouvoir l'accessibilité et le Libre, aussi bien auprès des associations promouvant l'accessibilité mais ne connaissant pas le Libre, qu'auprès des Libristes ne connaissant pas l'accessibilité. Le groupe grandit, le discours porte, les actions se multiplient avec de beaux succès. Mais la tâche est immense et comme Sisyphe condamné à remonter son rocher tout en sachant qu'il va dégringoler, nous devons sans cesse veiller à rappeler qu'il est important de prendre en compte l'accessibilité dans ses projets. Mais l'énergie des membres du groupe permet de se motiver pour continuer.

Pourtant, aujourd'hui, je démissionne. Je quitte l'April. Pas en raison d'un conflit de personne ou pour un événement particulier. Si je démissionne, c'est pour des raisons structurelles qui me font penser que cette association n'est plus le cadre approprié pour porter un message de Liberté pour tous. Mais cette démission ne signifie pas que je cesse le combat : je continuerai à promouvoir et défendre la Liberté pour tous, sans discrimination. Reste à inventer le cadre dans lequel cela peut se faire.

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Le livre accessibilité web disponible en librairie !

couv_accessibilite_web-mini.pngLes chanceux ayant participé à Paris Web auront déjà pu feuilleter le livre, mais la sortie officielle en librairie est le 25 octobre, c'est-à-dire aujourd'hui (date de publication de ce billet).

Vous trouverez sur la présentation du livre sur le site d'Eyrolles le sommaire et un résumé du livre.

Maintenant, vous vous posez sans doute certaines questions. Que trouverez-vous dans ce livre ? Pourquoi se le procurer ? Voyons cela en détail.

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Un site appartient au prestataire qui l'a conçu... et tant pis pour l'accessibilité ?

Dans un billet précédant intitulé L'accessibilité du Web menacée par le droit d'auteur, je m'inquiétais des répercussions que pourrait avoir la décision récente de l'association BrailleNet de faire évoluer son référentiel AccessiWeb vers une version 2.2 qui étendrait une exception de conformité pour cause de droit d'auteur.

Ainsi, si un site met à disposition des vidéos mais que le client n'en est pas l'auteur, il peut faire déclarer son site comme étant accessible à l'exception de tout média protégé par un copyright, un droit d’auteur ou une clause juridique particulière qui en interdit la modification ou la création de copie modifiée, tel que c'est déjà énoncé dans le glossaire du référentiel AccessiWeb 2.1.

Or, une décision de justice vient renforcer mon inquiétude sur la décision qui a été prise dans le référentiel AccessiWeb 2.2 d'accorder une exception de conformité en raison du droit d'auteur.

Le site Legalis.net rend compte d'une décision de justice dans un article qui s'intitule "Un site appartient au prestataire qui l'a conçu".

On y apprend que le Tribunal de Grande Instance de Paris, dans un jugement du 10 novembre 2011 "a affirmé que l’auteur est le prestataire qui l’a développé sans consignes précises de son client." Le client a donné l'hébergement du site à un prestataire tiers, qui a enlevé les crédits initiaux et a mis les siens à la place, ce qui, je vous le concède, est tout à fait injuste et déloyal.

Ceci dit, le client a été condamné à 3000 € d'amende pour contrefaçon et le prestataire pour concurrence déloyale à 8000 €.

La conclusion est donc qu'en l'absence de clause particulière dans le contrat, le prestataire est propriétaire du code (et on peut sans aucun doute étendre cela au graphisme, et pourquoi pas à l'architecture de l'information ?) qu'il a produit.

Pour avoir été AMO sur différents projets, j'ai pu constater qu'une telle clause n'était pas du tout la règle.

Or, si on considère qu'on peut accorder une exception en raison du droit d'auteur et déclarer un site accessible même s'il contient des éléments qui ne le sont pas, en raison de la non-propriété des droits par le client, un site entier devrait pouvoir être déclaré accessible alors qu'il ne le serait pas du tout, puisque le client n'est pas propriétaire du code source ! Autrement dit, une telle position rend inapplicable un référentiel qui cautionnerait une telle exception. Et c'est tout à fait la direction qui a été prise.

En espérant que cette décision permettra d'ouvrir le débat et de supprimer cette exception pour revenir à une évaluation de l'accessibilité réelle d'un site, les exceptions devant servir aux impossibilités techniques.

Ce texte est en partie extrait d'un message posté sur plusieurs listes de discussion, mais le débat mérite d'être ouvert et public, car il ne s'agit pas d'un débat technique mais de l'avenir de l'accessibilité du Web, en tous cas pour ceux qui utilisent le référentiel AccessiWeb, et nous sommes nombreux.

Accessibilité du Web, le livre !

eyrolles_livre_accessibilite_web.pngL'info avait fuité en décembre dernier sur Twitter par un certain @sebcbien. Puis il y a quelques jours à Paris Web, alors que quelqu'un posait la question de savoir s'il y avait un livre sur l'accessibilité du Web, l'intervenant (un certain Élie S.) a répondu : oui, il va bientôt sortir un livre chez Eyrolles... écrit par Armony Altinier.

Il est donc grand temps que je l'annonce moi-même officiellement et vous explique un peu où j'en suis.

Ce secret de Polichinelle ne visait pas à cacher l'info, mais plutôt à me "protéger" d'une pression un peu trop forte étant donné la demande. Aujourd'hui, ça va mieux, le livre est très avancé bien que non terminé, et comme de toute façon ce n'est plus un secret, j'aimerais partager avec vous les coulisses de l'écriture du livre et la petite histoire qu'il y a autour de ce projet.

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La stimullation médullaire expliquée par TF1

J'ai reçu ce matin un SMS de ma sœur me disant : t'as vu le reportage hier sur TF1 ? Ils parlaient d'un traitement innovant à propos des douleurs neuropathiques du dos et des jambes à base d'électrodes à Poitiers.

Je ne l'avais pas vu ce reportage, et ne me suis pas précipitée, étant fort malheureusement devenue une experte involontaire du sujet. Je suis toutefois finalement aller voir sur le site de TF1 le reportage en question.

stimulation_medullaire_poitiers.png

En réalité, il s'agit de stimulation médullaire, exactement la même opération que j'ai subi le 25 août dernier.

Selon le reportage, seul le C.H.U de Poitiers en France aurait recours à ce type d'intervention : c'est totalement faux ! L'innovation ne réside ni dans le principe de l'opération, ni dans les techniques d'opération apparemment, mais peut-être dans le matériel, avec un boîtier nouvelle génération qui adapte tout seul le programme qui émet les ondes en fonction de la position. Rien de bouleversant donc, peut-être juste un peu plus efficace. La vraie innovation selon moi serait un boîtier d'une durée de vie vraiment plus importante, ce qui permettrait de ne pas avoir à se faire réopérer tous les 5 ou 7 ans pour changer les piles. Mais pas sûre que ça intéresse les fabricants de créer des boîtiers qu'on n'aurait pas besoin de changer...

Autre bémol : le reportage évoque la stimulation médullaire comme LA solution miracle, si tant est qu'on corresponde au patient-type : douleurs neuropathiques chroniques rebelles à tout autre traitement, personnalité dynamique pouvant supporter une implantation, approche réaliste de son problème : la stimulation ne guérit pas, elle peut améliorer la sensation douloureuse sans régler le problème qui en est la cause... Mais le reportage omet totalement de parer des risques, et ils sont nombreux.

Il y a deux types de risques : un risque que l'opération ne fonctionne pas (1 chance sur 4 tout de même, selon un journal médical spécialisé), et un risque de complications diverses et variées, y compris mortel.

J'avais décidé de raconter sur mon blog mon expérience de cette "opération de la dernière chance" pour éclairer les patients qui comme moi chercheraient un témoignage détaillé, et pas une approche scientifique à base de statistiques. Mais je n'avais pas imaginé que cela tournerait mal dès la première opération et je n'ai pas trouvé le courage d'en faire un billet.

On voit dans le reportage un patient qui attend pour subir la phase 2 : opération pour poser le boîtier. Or, encore faut-il passer la phase 1 avec succès : opération pour poser l'électrode dans la moelle épinière. Dans mon cas, cela a été impossible, car trop risqué. Le chirurgien a touché de trop près la racine nerveuse à plusieurs reprises. L'opération se faisant sous anesthésie locale, j'ai pu l'en alerter "grâce" aux douleurs insupportables provoquées dans les jambes quand il s'approchait de trop près de la racine. Le risque ? Une paraplégie, rien que ça !

Je veux bien qu'on dise que c'est très rare et que je n'ai vraiment pas de chance, mais ça n'arrive pas qu'aux autres. Une amie ayant subi une opération pour une hernie discale n'imaginait pas ne jamais se réveiller. C'est arrivé pourtant, en février dernier.

Bref, si vous lisez ces lignes parce que vous cherchez à vous renseigner sur la stimulation médullaire, ne croyez pas les reportages ou témoignages trop confiants qui ne vous parleraient pas des risques avec sérieux. Aucune opération n'est jamais anodine ou sans risque.

Ceci dit, je sais le calvaire que font endurer les douleurs neuropathiques, en étant victime depuis plus de 14 ans. La stimulation médullaire offre un réel espoir à ceux qui souffrent et je ne dis surtout pas qu'il ne faut pas tenter l'opération. J'ai rendez-vous prochainement avec une autre équipe de neurochirurgie à l'hôpital Sainte Anne pour réévaluer le rapport bénéfices/risques d'une nouvelle tentative, mais avec une autre méthode sous anesthésie générale cette fois. Toutefois, si la vie est souvent difficile, et le handicap très fort, la décision d'une opération de ce type mérite réflexion. On sait ce qu'on peut perdre, on n'est pas sûrs de ce qu'on peut gagner...

Des nouvelles de Hu Jia, militant infatigable de la Liberté en Chine...

Je me suis mise très récemment à Twitter. Il s'agit d'un système de micro-blog : on peut diffuser de l'information en 140 caractères et suivre l'actualité de ceux qu'on veut suivre. Contrairement à un réseau social, il n'est pas nécessaire d'être ami ni qu'il y ait réciprocité pour suivre l'actu de quelqu'un. Et l'avantage que j'y ai trouvé, c'est la facilité avec laquelle l'information circule et les nombreuses sources d'infos qu'on ne peut trouver nulle part ailleurs.

C'est de cette façon que nous pouvons avoir des nouvelles de Hu Jia, emprisonné en 2007 pour sa liberté de ton et ses combats pour la Liberté, l'écologie et contre le sida, il coordonne également l'association des Avocats aux pieds nus. Il n'en fallait pas tant pour déplaire aux autorités. Sa nomination au Prix Nobel de la Paix en 2008 suffit à accroître le courroux du tout puissant Parti Communiste chinois.

Libéré le 26 juin 2011, atteint d'une cirrhose du foie, il est mis en résidence surveillée, mais n'en continue pas moins à se battre, comme l'indique ce Tweet posté aujourd'hui :

2点30分,71378条。一小时增加近400条。我们还剩9个半小时。全国人大开门立法至少强过密室立法。今年车船税法、个人所得税法等修正案通过征集 意见不同程度吸收了民意。而刑诉法是更艰难的博弈,党要其助纣为虐强化暴力机器,公民要其不逾底线、维护言论和人身自由。公民加油!

Un Tweet est un message court de 140 caractères maximum. On voit ici l'avantage du chinois, qui peut dire bien plus de choses en peu de caractères.

Voici une tentative de traduction. Vous excuserez ma maladresse, je suis un peu rouillée, mais l'essentiel y est :

14h30. 71378 amendements. 400 de plus en une heure.
Il nous reste encore 9 demi-heures. Des gens de tout le pays ouvrent grand la porte de la Loi au moins jusqu'à ce que le secret ait été renforcé.
Cette année, concernant la loi de finances sur les transports et la loi de finances sur les revenus individuels, l'opinion publique a intégré l'idée que les amendements doivent tenir compte de l'opinion du Peuple à différents niveaux.
Mais la loi de procédure pénale est un jeu encore plus difficile, le Parti veut aider la tyrannie et renforcer son système de violence, tandis que la volonté du Peuple n'excède pas le minimum : la protection de sa liberté d'expression et de ses libertés individuelles. Courage le Peuple !

Quand on connaît le contexte et qu'on sait ce qu'il a vécu, un tel courage me donne des frissons !

À noter que ce Tweet a été re-tweeté par l'artiste Ai Weiwei, assagi sur le Net depuis sa récente arrestation et les menaces faites contre ses proches, mais qui en diffusant ce message n'en reste pas moins engagé.

L'accessibilité du Web menacée par le droit d'auteur

Depuis ma formation AccessiWeb en 2008, j'ai rejoint, comme tous ceux ayant passé l'examen avec succès, le groupe de travail AccessiWeb (GTA) animé par l'association BrailleNet. Mais j'ai également la chance de faire partie du groupe restreint d'experts-référents qui a pour mission de relire et donner son avis quant aux modifications apportées au référentiel AccessiWeb lorsqu'il est prévu de le faire évoluer.

Une nouvelle version du référentiel AccessiWeb est justement en préparation, et nous avons eu à nous prononcer sur un certain nombre de questions. Or, l'une d'elle me pose un sérieux problème...

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Le mystère des douleurs neuropathiques : entretien exclusif !

Il y a bien longtemps que je veux écrire un billet à ce sujet : les douleurs neuropathiques. Pas pour expliquer ce que c'est de façon scientifique, comme on peut le lire sur certains sites, mais plutôt pour offrir un témoignage du retentissement que peut avoir ce "dysfonctionnement" du système nerveux dans la vie quotidienne. Or, pas facile de parler de soi, puisque je souffre de douleurs neuropathiques depuis plus de 14 ans. J'ai donc eu l'idée de demander à quelqu'un d'autre, qui a eu la gentillesse de répondre à mes questions.

Et ce n'est pas n'importe qui : il est anglais, son histoire est mondialement connue et même si lui-même ne veut pas employer le mot par modestie, nous pouvons l'affirmer : c'est un héros.

Entretien exclusif

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Primaires socialistes, c'est parti !

9 et 16 octobre 2011, Primaires citoyennes, c'est vous qui décidez !Ça y est, c'est parti, l'ouverture officielle du dépôt des candidatures à la primaire du Parti socialiste !

Mais de quoi s'agit-il au juste ? Eh bien, il s'agit de choisir le candidat du Parti socialiste pour l'élection présidentielle de 2012. Une chance unique pour tous citoyens, sans condition, de donner son point de vue sur qui sera le meilleur candidat pour faire gagner la Gauche et en finir avec le gouvernement inique de Nicolas Sarkozy.

Vous souhaitez participer ? Très facile, il suffit de vous rendre sur le site Web primairescitoyennes.fr pour voir les modalités. En bref, tout le monde peut voter, il n'est pas nécessaire d'être membre du Parti socialiste. Une somme symbolique de 1€ sera demandée pour participation aux frais d'organisation. Et évidemment, l'anonymat est préservé, les listes seront détruites après le scrutin, ce que même la CNIL a reconnu en délivrant la déclaration nécessaire.

Alors, ne ratez pas cette occasion, participez aux primaires les 9 et 16 octobre !

Mon choix est fait de mon côté : Martine, présidente ! Martine, présidente ! :)

Hello World!

Hum, hum... Bonjour, bonjour !

Je me présente : je m'appelle Nyla. Je viens faire une brève incursion sur le blog de maman pour faire un petit coucou.

Je suis née le 17 mai, il y a donc un mois pile-poil. À la naissance, j'étais déjà une belle brune de 52cm et 3,490kg, et c'est avec curiosité que j'ai ouvert mes grands yeux sur ce monde ! Que de choses à découvrir, on va bien s'amuser !!!

Bon, trêve de bavardages, je dois déjà vous laisser. Une petite photo pour la route, et plein de bisous à tous !

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"Héritage" à l'I.V.T. : théâtre et culture sourde

En ce moment, à l'I.V.T : l'International Visual Theatre, venez découvrir une pièce étonnante : Héritages, écrite par Bertrand Leclair et mise en scène par Emmanuelle Laborit et Estelle Savasta.

Mélange des cultures...

Dès l'arrivée, on entre dans le bain. Beaucoup de monde dans le hall, on est pourtant en avance ! Heureusement qu'on avait réservé, la salle est comble.

Partout, ça discute : de vive voix, mais aussi en langue des signes bien sûr ! C'est vivant, c'est gai, j'ai l'impression de me retrouver dans les couloirs de l'INALCO où langues et cultures s'entrecroisent. Puis vient le moment d'entrer dans la salle. On nous indique nos places, en langue des signes, mais c'est tellement explicite que ce n'est pas un problème. Un monsieur nous demande, toujours en langue des signes mais doublée par une voix au micro, d'éteindre nos portables, et de ne pas hésiter si on perçoit un petit bruit désagréable à côté de nous, de faire signe à notre voisin de régler ses appareils. Le geste du coup de coude est plus qu'explicite, tout le monde rit !

Enfin, la pièce commence. Deux groupes de personnes, alignées les unes à côté des autres. Le premier groupe commence à parler, en langue des signes, et là, pas de traduction. Le doute s'installe... La pièce n'était-elle pas bilingue ? Allons-nous comprendre quelque chose ? Puis le deuxième groupe intervient, en parlant, et sans doublage non plus. Le ton est donné, chacun est invité à se mettre à la place de l'autre. Mais pas d'inquiétude, une habile astuce d'écriture permet d'introduire dans le scénario une interprète qui sera aussi utile à la famille dans la pièce, qu'aux spectateurs dans la salle !

Le poids de l'Histoire en héritage...

Cette pièce, c'est l'histoire d'une famille, deux frères et une sœur, qui après de longues années de séparation, se retrouvent après le décès de leur mère. L'un des frères, Julien, est sourd de naissance. Le retour dans la maison familiale ravive les souvenirs et la douleur d'une différence niée par le père, incomprise par le frère et de la solitude qui l'accompagne. À travers la souffrance de Julien et les questions soulevées par les échanges parfois vifs entre les deux frères, c'est toute l'histoire des sourds qui nous est contée. Et quelle histoire ! Une histoire méconnue, et pourtant qui n'est pas sans rappeler les heures les plus sombres de la grande Histoire que l'on apprend à l'école. Les "entendants" contre les sourds, le culte de la "parole pure" et l'interdiction de la langue des signes. Sans langage parlé, point de salut. Inventée et codifiée dès le 17e siècle, la langue des signes française fut interdite par une cohorte de gens bien pensants, tous entendants, lors du congrès de Milan, en 1880. Mais l'on découvre également à travers cette pièce la vivacité de la culture sourde, et la richesse qu'il y a à échanger.

Julien vient en effet accompagné de sa famille... et d'une amie interprète, intermédiaire indispensable et source de quiproquos très drôles ! Car si les sujets évoqués sont parfois graves et bouleversants, les notes d'humour ne manquent pas et la tonalité générale de la pièce est loin d'être triste ou moralisatrice. Bref, un bon moment de théâtre, le tout servi par une équipe de comédiens tous excellents !

Alors ne tardez plus et réservez vos places en ligne jusqu'au 27 février 2011 ou à l'I.V.T., 7 cité Chaptal 75009 Paris.

Adieu, Sylvie...

On s'est rencontrées pendant la campagne municipale de 2008. Créative et enthousiaste, ton énergie et tes idées permirent d'alimenter la campagne, ton engagement et ta sincérité nous ont rapprochées. De camarades nous sommes devenues amies.

Une chaise rouge...

Pour toi, le socialisme c'était le souci des autres, la solidarité, la générosité. Cette même générosité que tu t'appliquais à mettre en œuvre au quotidien, simplement. À l'image de cette chaise rouge, que tu avais achetée. Rouge, aux couleurs de la campagne. Ton souci du détail, ton goût pour les belles choses, le coordonné. Un geste simple, banal en apparence, mais tellement emprunt d'humanité. Moi, qui dirigeais la campagne, tout en ayant prévenu que je ne pourrai pas participer aux actions que j'organisais, ne pouvant pas rester debout. Toi, qui voulais me faire partager l'ambiance de la campagne, que je ne me sente pas exclue. Alors, une chaise rouge, toute simple, achetée chez Ikéa sur tes deniers personnels, et que tu apportais sur le marché pour me permettre de passer un peu de temps avec vous. Et même si je ne pouvais pas venir à chaque fois, même si c'est encombrant à transporter, tu t'arrangeais pour qu'elle soit là, au cas où, me proposant de passer me prendre en voiture si besoin.

Mais cette chaise n'est qu'un geste parmi d'autres. Les fleurs, les petits mots d'encouragement. Tous ces petits gestes. Tu manquais souvent de confiance en toi, et il fallait te rassurer pour que tu mettes tes idées en pratique, mais quel succès ! La musique apportée sur les stands, les bonbons pour les enfants, les bijoux artisanaux fabriqués chez toi autour d'un café, les moments passés ensemble, simplement, à refaire le monde.

Toute cette énergie qui ne laissait pas transparaître la douleur avec laquelle tu vivais quotidiennement. Encore une chose qui nous rapprochait. À 47 ans, une simple opération pour une hernie discale devait te permettre de soulager tes douleurs. De la routine pour le Dr. Robine m'écrivais-tu encore à deux jours de te faire opérer à la clinique du rachis, à Neuilly. On devait se voir le samedi, après ta sortie, et fêter ça. C'est pratique d'être voisines ! Puis un message de ta sœur, le lendemain de ton intervention. Une artère sectionnée. Sylvie nous a quittés dans la nuit.

C'était dans la nuit du 2 au 3 février. Cela fait  presque trois semaines. Je pense à ta famille, et en particulier à ton fils, William, dont tu étais si fière.

Adieu, Sylvie, et merci pour ton amitié. Jamais je ne t'oublierai.

BarCamp accessibilité et logiciels libres à Paris le 15 janvier !

Bonne année à tous mes chers lecteurs !

Qu'elle vous soit douce, heureuse et fructueuse !

À bien des égards de mon côté, l'année 2010 fut l'année des semences ;) Une année où plusieurs projets ont été démarrés. Une année riche et prometteuse, mais dont les résultats n'arriveront qu'en 2011. Or, 2011 sera une année charnière, difficile, incertaine, mais également très riche en évènements !

Une bonne résolution pourrait être de mettre mon blog à jour plus souvent, mais cette année encore, et sans doute plus que les autres, sera une année chargée et mon blog en pâtira sans aucun doute...

Je ne pouvais tout de même pas manquer de vous informer d'un évènement que j'organise avec le groupe de travail April accessibilité et logiciels libres et qui intéressera tous les curieux et passionnés souhaitant partager et s'enrichir sur le sujet de l'accessibilité et du logiciel libre.

Retenez donc la date : le samedi 15 janvier 2011, de 10h à 18h30, aura lieu un intense moment d'échanges sur le sujet à la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris.

Il s'agit en fait d'un BarCamp (voir la définition sur Wikipédia), c'est-à-dire une réunion ouverte à tous, où chacun peut proposer un atelier en lien avec le thème. Vous trouverez plus d'infos sur la page Wiki dédiée au BarCamp.

Si vous souhaitez participer, proposer un atelier ou juste passer jeter un œil pour découvrir le sujet, vous êtes bienvenus ! N'hésitez pas à vous inscrire via le formulaire Papillon.

À bientôt ?

Accessibilité et qualité Web : dialogue avec Élie...

Il y a deux ou trois jours, Nico rentre de l'Association des Archivistes Français où il travaille et me donne un article qu'il a photocopié dans Archimag et parlant d'accessibilité des sites Web. Chouette ! C'est bien qu'on en parle. Je vois le nom de l'auteur, Élie Sloïm de Témésis, et me dis : cool, en plus ce sera un article sérieux.

Je commence donc à lire et un passage me met un peu mal à l'aise. Je relis, et demande à Nico ce qu'il comprend. Et là, mince, mes craintes sont confirmées. Voici le passage en question :

Faut-il choisir un référentiel d'accessibilité, un référentiel de qualité ou les deux ?

  • Le choix d'un référentiel d'accessibilité permettra d'atteindre un haut niveau d'accessibilité mais implique de laisser de côté des points importants comme la performance ou la sécurité.
  • Le choix d'un référentiel de qualité permet quant à lui de traiter tous les aspects de la qualité d'un site mais ne permet pas d'atteindre un très haut niveau d'accessibilité.

Le problème en lisant ce passage, c'est qu'on est vite tentés de conclure, quand on est extérieur au sujet (ce qui est sans doute le cas des lecteurs d'Archimag) que l'accessibilité implique forcément de laisser de côté la performance et la sécurité. Ce qui est faux.

Cet article me chiffonne un peu, je le mets donc de côté. Le lendemain, concours de circonstance, je retombe par hasard sur une intervention d'Élie. Du coup, je me dis, autant lui écrire pour lui faire part de mon sentiment.

Il essaie de m'appeler, mais n'étant pas là me laisse un mail en me disant qu'il ne s'agit pas d'une maladresse de style, comme je le pensais, mais d'une position assumée. Je le rappelle donc en rentrant, et nous échangeons sur le sujet.

Je retiendrai principalement trois grands axes de réflexion.

Lire la suite...

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