Un site appartient au prestataire qui l'a conçu... et tant pis pour l'accessibilité ?

Dans un billet précédant intitulé L'accessibilité du Web menacée par le droit d'auteur, je m'inquiétais des répercussions que pourrait avoir la décision récente de l'association BrailleNet de faire évoluer son référentiel AccessiWeb vers une version 2.2 qui étendrait une exception de conformité pour cause de droit d'auteur.

Ainsi, si un site met à disposition des vidéos mais que le client n'en est pas l'auteur, il peut faire déclarer son site comme étant accessible à l'exception de tout média protégé par un copyright, un droit d’auteur ou une clause juridique particulière qui en interdit la modification ou la création de copie modifiée, tel que c'est déjà énoncé dans le glossaire du référentiel AccessiWeb 2.1.

Or, une décision de justice vient renforcer mon inquiétude sur la décision qui a été prise dans le référentiel AccessiWeb 2.2 d'accorder une exception de conformité en raison du droit d'auteur.

Le site Legalis.net rend compte d'une décision de justice dans un article qui s'intitule "Un site appartient au prestataire qui l'a conçu".

On y apprend que le Tribunal de Grande Instance de Paris, dans un jugement du 10 novembre 2011 "a affirmé que l’auteur est le prestataire qui l’a développé sans consignes précises de son client." Le client a donné l'hébergement du site à un prestataire tiers, qui a enlevé les crédits initiaux et a mis les siens à la place, ce qui, je vous le concède, est tout à fait injuste et déloyal.

Ceci dit, le client a été condamné à 3000 € d'amende pour contrefaçon et le prestataire pour concurrence déloyale à 8000 €.

La conclusion est donc qu'en l'absence de clause particulière dans le contrat, le prestataire est propriétaire du code (et on peut sans aucun doute étendre cela au graphisme, et pourquoi pas à l'architecture de l'information ?) qu'il a produit.

Pour avoir été AMO sur différents projets, j'ai pu constater qu'une telle clause n'était pas du tout la règle.

Or, si on considère qu'on peut accorder une exception en raison du droit d'auteur et déclarer un site accessible même s'il contient des éléments qui ne le sont pas, en raison de la non-propriété des droits par le client, un site entier devrait pouvoir être déclaré accessible alors qu'il ne le serait pas du tout, puisque le client n'est pas propriétaire du code source ! Autrement dit, une telle position rend inapplicable un référentiel qui cautionnerait une telle exception. Et c'est tout à fait la direction qui a été prise.

En espérant que cette décision permettra d'ouvrir le débat et de supprimer cette exception pour revenir à une évaluation de l'accessibilité réelle d'un site, les exceptions devant servir aux impossibilités techniques.

Ce texte est en partie extrait d'un message posté sur plusieurs listes de discussion, mais le débat mérite d'être ouvert et public, car il ne s'agit pas d'un débat technique mais de l'avenir de l'accessibilité du Web, en tous cas pour ceux qui utilisent le référentiel AccessiWeb, et nous sommes nombreux.

Accessibilité du Web, le livre !

eyrolles_livre_accessibilite_web.pngL'info avait fuité en décembre dernier sur Twitter par un certain @sebcbien. Puis il y a quelques jours à Paris Web, alors que quelqu'un posait la question de savoir s'il y avait un livre sur l'accessibilité du Web, l'intervenant (un certain Élie S.) a répondu : oui, il va bientôt sortir un livre chez Eyrolles... écrit par Armony Altinier.

Il est donc grand temps que je l'annonce moi-même officiellement et vous explique un peu où j'en suis.

Ce secret de Polichinelle ne visait pas à cacher l'info, mais plutôt à me "protéger" d'une pression un peu trop forte étant donné la demande. Aujourd'hui, ça va mieux, le livre est très avancé bien que non terminé, et comme de toute façon ce n'est plus un secret, j'aimerais partager avec vous les coulisses de l'écriture du livre et la petite histoire qu'il y a autour de ce projet.

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La stimullation médullaire expliquée par TF1

J'ai reçu ce matin un SMS de ma sœur me disant : t'as vu le reportage hier sur TF1 ? Ils parlaient d'un traitement innovant à propos des douleurs neuropathiques du dos et des jambes à base d'électrodes à Poitiers.

Je ne l'avais pas vu ce reportage, et ne me suis pas précipitée, étant fort malheureusement devenue une experte involontaire du sujet. Je suis toutefois finalement aller voir sur le site de TF1 le reportage en question.

stimulation_medullaire_poitiers.png

En réalité, il s'agit de stimulation médullaire, exactement la même opération que j'ai subi le 25 août dernier.

Selon le reportage, seul le C.H.U de Poitiers en France aurait recours à ce type d'intervention : c'est totalement faux ! L'innovation ne réside ni dans le principe de l'opération, ni dans les techniques d'opération apparemment, mais peut-être dans le matériel, avec un boîtier nouvelle génération qui adapte tout seul le programme qui émet les ondes en fonction de la position. Rien de bouleversant donc, peut-être juste un peu plus efficace. La vraie innovation selon moi serait un boîtier d'une durée de vie vraiment plus importante, ce qui permettrait de ne pas avoir à se faire réopérer tous les 5 ou 7 ans pour changer les piles. Mais pas sûre que ça intéresse les fabricants de créer des boîtiers qu'on n'aurait pas besoin de changer...

Autre bémol : le reportage évoque la stimulation médullaire comme LA solution miracle, si tant est qu'on corresponde au patient-type : douleurs neuropathiques chroniques rebelles à tout autre traitement, personnalité dynamique pouvant supporter une implantation, approche réaliste de son problème : la stimulation ne guérit pas, elle peut améliorer la sensation douloureuse sans régler le problème qui en est la cause... Mais le reportage omet totalement de parer des risques, et ils sont nombreux.

Il y a deux types de risques : un risque que l'opération ne fonctionne pas (1 chance sur 4 tout de même, selon un journal médical spécialisé), et un risque de complications diverses et variées, y compris mortel.

J'avais décidé de raconter sur mon blog mon expérience de cette "opération de la dernière chance" pour éclairer les patients qui comme moi chercheraient un témoignage détaillé, et pas une approche scientifique à base de statistiques. Mais je n'avais pas imaginé que cela tournerait mal dès la première opération et je n'ai pas trouvé le courage d'en faire un billet.

On voit dans le reportage un patient qui attend pour subir la phase 2 : opération pour poser le boîtier. Or, encore faut-il passer la phase 1 avec succès : opération pour poser l'électrode dans la moelle épinière. Dans mon cas, cela a été impossible, car trop risqué. Le chirurgien a touché de trop près la racine nerveuse à plusieurs reprises. L'opération se faisant sous anesthésie locale, j'ai pu l'en alerter "grâce" aux douleurs insupportables provoquées dans les jambes quand il s'approchait de trop près de la racine. Le risque ? Une paraplégie, rien que ça !

Je veux bien qu'on dise que c'est très rare et que je n'ai vraiment pas de chance, mais ça n'arrive pas qu'aux autres. Une amie ayant subi une opération pour une hernie discale n'imaginait pas ne jamais se réveiller. C'est arrivé pourtant, en février dernier.

Bref, si vous lisez ces lignes parce que vous cherchez à vous renseigner sur la stimulation médullaire, ne croyez pas les reportages ou témoignages trop confiants qui ne vous parleraient pas des risques avec sérieux. Aucune opération n'est jamais anodine ou sans risque.

Ceci dit, je sais le calvaire que font endurer les douleurs neuropathiques, en étant victime depuis plus de 14 ans. La stimulation médullaire offre un réel espoir à ceux qui souffrent et je ne dis surtout pas qu'il ne faut pas tenter l'opération. J'ai rendez-vous prochainement avec une autre équipe de neurochirurgie à l'hôpital Sainte Anne pour réévaluer le rapport bénéfices/risques d'une nouvelle tentative, mais avec une autre méthode sous anesthésie générale cette fois. Toutefois, si la vie est souvent difficile, et le handicap très fort, la décision d'une opération de ce type mérite réflexion. On sait ce qu'on peut perdre, on n'est pas sûrs de ce qu'on peut gagner...

Des nouvelles de Hu Jia, militant infatigable de la Liberté en Chine...

Je me suis mise très récemment à Twitter. Il s'agit d'un système de micro-blog : on peut diffuser de l'information en 140 caractères et suivre l'actualité de ceux qu'on veut suivre. Contrairement à un réseau social, il n'est pas nécessaire d'être ami ni qu'il y ait réciprocité pour suivre l'actu de quelqu'un. Et l'avantage que j'y ai trouvé, c'est la facilité avec laquelle l'information circule et les nombreuses sources d'infos qu'on ne peut trouver nulle part ailleurs.

C'est de cette façon que nous pouvons avoir des nouvelles de Hu Jia, emprisonné en 2007 pour sa liberté de ton et ses combats pour la Liberté, l'écologie et contre le sida, il coordonne également l'association des Avocats aux pieds nus. Il n'en fallait pas tant pour déplaire aux autorités. Sa nomination au Prix Nobel de la Paix en 2008 suffit à accroître le courroux du tout puissant Parti Communiste chinois.

Libéré le 26 juin 2011, atteint d'une cirrhose du foie, il est mis en résidence surveillée, mais n'en continue pas moins à se battre, comme l'indique ce Tweet posté aujourd'hui :

2点30分,71378条。一小时增加近400条。我们还剩9个半小时。全国人大开门立法至少强过密室立法。今年车船税法、个人所得税法等修正案通过征集 意见不同程度吸收了民意。而刑诉法是更艰难的博弈,党要其助纣为虐强化暴力机器,公民要其不逾底线、维护言论和人身自由。公民加油!

Un Tweet est un message court de 140 caractères maximum. On voit ici l'avantage du chinois, qui peut dire bien plus de choses en peu de caractères.

Voici une tentative de traduction. Vous excuserez ma maladresse, je suis un peu rouillée, mais l'essentiel y est :

14h30. 71378 amendements. 400 de plus en une heure.
Il nous reste encore 9 demi-heures. Des gens de tout le pays ouvrent grand la porte de la Loi au moins jusqu'à ce que le secret ait été renforcé.
Cette année, concernant la loi de finances sur les transports et la loi de finances sur les revenus individuels, l'opinion publique a intégré l'idée que les amendements doivent tenir compte de l'opinion du Peuple à différents niveaux.
Mais la loi de procédure pénale est un jeu encore plus difficile, le Parti veut aider la tyrannie et renforcer son système de violence, tandis que la volonté du Peuple n'excède pas le minimum : la protection de sa liberté d'expression et de ses libertés individuelles. Courage le Peuple !

Quand on connaît le contexte et qu'on sait ce qu'il a vécu, un tel courage me donne des frissons !

À noter que ce Tweet a été re-tweeté par l'artiste Ai Weiwei, assagi sur le Net depuis sa récente arrestation et les menaces faites contre ses proches, mais qui en diffusant ce message n'en reste pas moins engagé.

L'accessibilité du Web menacée par le droit d'auteur

Depuis ma formation AccessiWeb en 2008, j'ai rejoint, comme tous ceux ayant passé l'examen avec succès, le groupe de travail AccessiWeb (GTA) animé par l'association BrailleNet. Mais j'ai également la chance de faire partie du groupe restreint d'experts-référents qui a pour mission de relire et donner son avis quant aux modifications apportées au référentiel AccessiWeb lorsqu'il est prévu de le faire évoluer.

Une nouvelle version du référentiel AccessiWeb est justement en préparation, et nous avons eu à nous prononcer sur un certain nombre de questions. Or, l'une d'elle me pose un sérieux problème...

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Le mystère des douleurs neuropathiques : entretien exclusif !

Il y a bien longtemps que je veux écrire un billet à ce sujet : les douleurs neuropathiques. Pas pour expliquer ce que c'est de façon scientifique, comme on peut le lire sur certains sites, mais plutôt pour offrir un témoignage du retentissement que peut avoir ce "dysfonctionnement" du système nerveux dans la vie quotidienne. Or, pas facile de parler de soi, puisque je souffre de douleurs neuropathiques depuis plus de 14 ans. J'ai donc eu l'idée de demander à quelqu'un d'autre, qui a eu la gentillesse de répondre à mes questions.

Et ce n'est pas n'importe qui : il est anglais, son histoire est mondialement connue et même si lui-même ne veut pas employer le mot par modestie, nous pouvons l'affirmer : c'est un héros.

Entretien exclusif

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Primaires socialistes, c'est parti !

9 et 16 octobre 2011, Primaires citoyennes, c'est vous qui décidez !Ça y est, c'est parti, l'ouverture officielle du dépôt des candidatures à la primaire du Parti socialiste !

Mais de quoi s'agit-il au juste ? Eh bien, il s'agit de choisir le candidat du Parti socialiste pour l'élection présidentielle de 2012. Une chance unique pour tous citoyens, sans condition, de donner son point de vue sur qui sera le meilleur candidat pour faire gagner la Gauche et en finir avec le gouvernement inique de Nicolas Sarkozy.

Vous souhaitez participer ? Très facile, il suffit de vous rendre sur le site Web primairescitoyennes.fr pour voir les modalités. En bref, tout le monde peut voter, il n'est pas nécessaire d'être membre du Parti socialiste. Une somme symbolique de 1€ sera demandée pour participation aux frais d'organisation. Et évidemment, l'anonymat est préservé, les listes seront détruites après le scrutin, ce que même la CNIL a reconnu en délivrant la déclaration nécessaire.

Alors, ne ratez pas cette occasion, participez aux primaires les 9 et 16 octobre !

Mon choix est fait de mon côté : Martine, présidente ! Martine, présidente ! :)

Hello World!

Hum, hum... Bonjour, bonjour !

Je me présente : je m'appelle Nyla. Je viens faire une brève incursion sur le blog de maman pour faire un petit coucou.

Je suis née le 17 mai, il y a donc un mois pile-poil. À la naissance, j'étais déjà une belle brune de 52cm et 3,490kg, et c'est avec curiosité que j'ai ouvert mes grands yeux sur ce monde ! Que de choses à découvrir, on va bien s'amuser !!!

Bon, trêve de bavardages, je dois déjà vous laisser. Une petite photo pour la route, et plein de bisous à tous !

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"Héritage" à l'I.V.T. : théâtre et culture sourde

En ce moment, à l'I.V.T : l'International Visual Theatre, venez découvrir une pièce étonnante : Héritages, écrite par Bertrand Leclair et mise en scène par Emmanuelle Laborit et Estelle Savasta.

Mélange des cultures...

Dès l'arrivée, on entre dans le bain. Beaucoup de monde dans le hall, on est pourtant en avance ! Heureusement qu'on avait réservé, la salle est comble.

Partout, ça discute : de vive voix, mais aussi en langue des signes bien sûr ! C'est vivant, c'est gai, j'ai l'impression de me retrouver dans les couloirs de l'INALCO où langues et cultures s'entrecroisent. Puis vient le moment d'entrer dans la salle. On nous indique nos places, en langue des signes, mais c'est tellement explicite que ce n'est pas un problème. Un monsieur nous demande, toujours en langue des signes mais doublée par une voix au micro, d'éteindre nos portables, et de ne pas hésiter si on perçoit un petit bruit désagréable à côté de nous, de faire signe à notre voisin de régler ses appareils. Le geste du coup de coude est plus qu'explicite, tout le monde rit !

Enfin, la pièce commence. Deux groupes de personnes, alignées les unes à côté des autres. Le premier groupe commence à parler, en langue des signes, et là, pas de traduction. Le doute s'installe... La pièce n'était-elle pas bilingue ? Allons-nous comprendre quelque chose ? Puis le deuxième groupe intervient, en parlant, et sans doublage non plus. Le ton est donné, chacun est invité à se mettre à la place de l'autre. Mais pas d'inquiétude, une habile astuce d'écriture permet d'introduire dans le scénario une interprète qui sera aussi utile à la famille dans la pièce, qu'aux spectateurs dans la salle !

Le poids de l'Histoire en héritage...

Cette pièce, c'est l'histoire d'une famille, deux frères et une sœur, qui après de longues années de séparation, se retrouvent après le décès de leur mère. L'un des frères, Julien, est sourd de naissance. Le retour dans la maison familiale ravive les souvenirs et la douleur d'une différence niée par le père, incomprise par le frère et de la solitude qui l'accompagne. À travers la souffrance de Julien et les questions soulevées par les échanges parfois vifs entre les deux frères, c'est toute l'histoire des sourds qui nous est contée. Et quelle histoire ! Une histoire méconnue, et pourtant qui n'est pas sans rappeler les heures les plus sombres de la grande Histoire que l'on apprend à l'école. Les "entendants" contre les sourds, le culte de la "parole pure" et l'interdiction de la langue des signes. Sans langage parlé, point de salut. Inventée et codifiée dès le 17e siècle, la langue des signes française fut interdite par une cohorte de gens bien pensants, tous entendants, lors du congrès de Milan, en 1880. Mais l'on découvre également à travers cette pièce la vivacité de la culture sourde, et la richesse qu'il y a à échanger.

Julien vient en effet accompagné de sa famille... et d'une amie interprète, intermédiaire indispensable et source de quiproquos très drôles ! Car si les sujets évoqués sont parfois graves et bouleversants, les notes d'humour ne manquent pas et la tonalité générale de la pièce est loin d'être triste ou moralisatrice. Bref, un bon moment de théâtre, le tout servi par une équipe de comédiens tous excellents !

Alors ne tardez plus et réservez vos places en ligne jusqu'au 27 février 2011 ou à l'I.V.T., 7 cité Chaptal 75009 Paris.

Adieu, Sylvie...

On s'est rencontrées pendant la campagne municipale de 2008. Créative et enthousiaste, ton énergie et tes idées permirent d'alimenter la campagne, ton engagement et ta sincérité nous ont rapprochées. De camarades nous sommes devenues amies.

Une chaise rouge...

Pour toi, le socialisme c'était le souci des autres, la solidarité, la générosité. Cette même générosité que tu t'appliquais à mettre en œuvre au quotidien, simplement. À l'image de cette chaise rouge, que tu avais achetée. Rouge, aux couleurs de la campagne. Ton souci du détail, ton goût pour les belles choses, le coordonné. Un geste simple, banal en apparence, mais tellement emprunt d'humanité. Moi, qui dirigeais la campagne, tout en ayant prévenu que je ne pourrai pas participer aux actions que j'organisais, ne pouvant pas rester debout. Toi, qui voulais me faire partager l'ambiance de la campagne, que je ne me sente pas exclue. Alors, une chaise rouge, toute simple, achetée chez Ikéa sur tes deniers personnels, et que tu apportais sur le marché pour me permettre de passer un peu de temps avec vous. Et même si je ne pouvais pas venir à chaque fois, même si c'est encombrant à transporter, tu t'arrangeais pour qu'elle soit là, au cas où, me proposant de passer me prendre en voiture si besoin.

Mais cette chaise n'est qu'un geste parmi d'autres. Les fleurs, les petits mots d'encouragement. Tous ces petits gestes. Tu manquais souvent de confiance en toi, et il fallait te rassurer pour que tu mettes tes idées en pratique, mais quel succès ! La musique apportée sur les stands, les bonbons pour les enfants, les bijoux artisanaux fabriqués chez toi autour d'un café, les moments passés ensemble, simplement, à refaire le monde.

Toute cette énergie qui ne laissait pas transparaître la douleur avec laquelle tu vivais quotidiennement. Encore une chose qui nous rapprochait. À 47 ans, une simple opération pour une hernie discale devait te permettre de soulager tes douleurs. De la routine pour le Dr. Robine m'écrivais-tu encore à deux jours de te faire opérer à la clinique du rachis, à Neuilly. On devait se voir le samedi, après ta sortie, et fêter ça. C'est pratique d'être voisines ! Puis un message de ta sœur, le lendemain de ton intervention. Une artère sectionnée. Sylvie nous a quittés dans la nuit.

C'était dans la nuit du 2 au 3 février. Cela fait  presque trois semaines. Je pense à ta famille, et en particulier à ton fils, William, dont tu étais si fière.

Adieu, Sylvie, et merci pour ton amitié. Jamais je ne t'oublierai.

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